Festival du Bout du Monde - A Crozon, les 8, 9 et 10 août
Édition du mardi 29 juillet 2008
• Chet Nuneta (chanson du monde)
Samedi 9 août Scène François Kermarrec
Après avoir parcouru des contrées fabuleuses, des pays improbables et les esprits de la planète, Chet Nuneta chante toute la diversité du monde avec un grand talent.
La première était portée par l’art clownesque, la seconde par le théâtre, la troisième par le théâtre gestuel. Juste après leur rencontre, elles se produisent en trio à capella interprétant des chants du monde. Une jubilation mutuelle les incite à poursuivre.
Elles élargissent alors leur répertoire et sont invitées par Têtes Raides en première partie lors de leur passage au Bataclan. Christian Olivier, le leader du groupe, leur proposant d’enregistrer sur leur label Mon Slip. Cet appel du studio bouleverse la donne. Deux nouveaux partenaires sont intégrés. Lilia Ruocco, art-thérapeute, apporte son enracinement dans la tradition vocale du sud italien et son approche “physique“ du chant. Le percussionniste Michaël Fernandez (globe-trotter du rythme passé par le gatham indien, le flamenco, la chanson ou le trad’européen) se révélant être le « coloriste » dont elles ont besoin.
Ainsi naît Chet Nuneta qui trouve sa légitimité dans l’entrelacs de leurs insolites parcours. Soit l’alchimie de cinq jolis tempéraments et d’une matière première, le chant patrimonial. Un héritage chargé du fluide mystérieux des peuples à manier avec pré- caution. D’où vient-il - Dans quel état est-il - Comment en user - Refusant la fausse orthodoxie du mimétisme, se voulant plus fidèles à un esprit qu’à une forme, souhaitant le relire à l’aune de leurs sensibilités d’occidentaux, les Chet Nuneta inventent leurs propres recettes. Un air les séduit-il, ils s’emploient à en capter l’essence et l’accommodent avec leurs épices. Au plus près d’un ressenti naissant des intuitions, des atmosphères, sur lesquelles s’articule une recherche de timbres, de rythmes, de mots, d’effets vocaux. Néo-folklore imaginaire -
Pour en juger, on peut parcourir le répertoire de leur premier opus “Ailleurs”, d’une isba russe à une nuit capverdienne, d’un caravansérail arabe à une communauté malgache. Des « tubes » nationaux (à l’instar de Llorona que tout mexicain connaît ou d’Erev ShelShoshanim, comptine en hébreu) voisinent avec des chants aux pedigrees moins affirmés. Une succession d’atmosphères qui épousent une palette d’émotions, de la félicité mystique d’Ayazinà la douleur de Khot Ti Shla, de l’espièglerie de Capellià la fête de Sedyankata. Une traversée des sentiments qui joue aussi bien l’épure que la novation parfois iconoclaste. C’est que la tradition vivante, n’en déplaise aux chantres d’une fallacieuse authenticité, est une perpétuelle recréation, parfois transgressive.
Chet Nuneta entend s’en affranchir avec respect, par des pistes infiniment séduisantes.