Le duo décide de descendre de son perchoir. Arrivé en bas, l'échauffourée se poursuit. L'un des occupants de l'appartement échange des coups avec l'un des frères, qui prend vite le dessus en brisant deux dents à son adversaire. L'ami de celui-ci, Cédric Boulant, s'étant muni d'un couteau, plante par trois fois la lame dans le dos du second frère, resté en retrait et n'ayant pas pris part à la bagarre... Rapidement désarmé, Cedric Boulant se refuse à voir les trois fêtards s'enfuir précipitamment. Il remonte, s'équipe d'un grand couteau de cuisine et, accompagné du chien de son ami, se lance dans une traque, heureusement de courte durée.
« L'alcool est encore une fois l'élément déclencheur », soupir M e Larvor en partie civile. Son client avait obtenu 21 jours d'interruption totale de travail, prolongée de 10 jours depuis. Afin d'établir clairement le préjudice, l'avocat demande une expertise médicale ainsi qu'une provision de 6 000 €.
Le procureur Thérolle reprend brillamment les faits, concluant que la thèse de la légitime défense soutenue par le prévenu ne tient pas et soulignant la « dangerosité » du jeune homme en glissant l'une de ses déclarations à propos de la jeune femme, témoin de premier plan : « je l'ai reconnue cette pu... Je vais l'égorger. »
Il requiert 3 ans ferme avec maintien en détention, ainsi que le retrait du crédit de peine octroyé sur la dernière condamnation du prévenu. « Sans ce crédit de peine, il serait sorti le 3 juillet, et les faits ne se seraient pas produits. »
« C'est un défaut de maîtrise de lui-même » affirme M e Legrand, reprenant une expression d'ordinaire consacrée aux délits routiers... « Tout s'est passé extrêmement vite. Il a du mal à se contrôler, en particulier lorsqu'il a bu. »
Jugement : 30 mois ferme avec maintien en détention. Les 28 jours de crédit de peine dont avait bénéficié Cedric Boulant lui sont retirés. La partie civile obtient son expertise, et le prévenu devra lui verser 3 000 € en attendant.