Pierre Bouteiller : « Je n'arrête pas de parler pour dire qu'il faut se taire, faire parler les artistes, laisser la place à la musique. » Modeste, le baron a des choses à raconter, avec la peur au ventre d'en dire trop, d'ennuyer, mais aussi avec l'envie de citer une foule de références littéraires ou musicales. Il était l'invité du dernier jour du festival Longueur d'ondes hier, au Musée des Beaux-arts.
La radio, Pierre Bouteiller a commencé par la regarder, enfant. Le regard dans le vague, l'oreille captivée. Il est entré, au gré d'un concours, à Europe numéro 1, en même temps que Philippe Labro. Dix ans d'expérience, avant de se faire virer, en 1969, avec une dizaine d'autres, « parce qu'on pensait mal », dit-il. C'est Roland Dordain, autre monument radiophonique qui l'a recruté à Inter.
Pierre Bouteiller a toujours cultivé ce ton libre, ironique, parfois provocateur, « avec le même mauvais esprit que José Artur », dit-il. Entre deux imparfaits du subjonctif, il programmait Le Déserteur de Boris Vian. Pour lui, pire que la censure, c'est « l'autocensure des journalistes, par peur de choses même pas formulées par la direction ».
Du Masque et la plume, émission critique et mythique, qu'il a animée dès 1982, il dit « c'est un de mes meilleurs souvenirs ». Il a été directeur de France Musiques, de France Inter.
« L'interactivité c'est une démission »
Il est passionné, presque dévot à l'évocation de ses icônes, comme Maurice Ravel ou Pierre Boulez. À chaque note de musique, il pianote sur son fauteuil, tape du pied en rythme. Il s'est aussi bien amusé, dans un « esprit de déconnance généralisée ».
Il a vu l'espace d'antenne s'ouvrir de plus en plus aux auditeurs au point de devenir aujourd'hui une sorte de « flot continu ». Pas vraiment à son goût. « Le talent des auditeurs est souvent supérieur au nôtre », dit-il un brin démago, en pensant surtout au Masque et la plume. Mais pour lui « l'interactivité à tous crins c'est une démission ».
Quant à la mort de la radio, annoncée à chaque arrivée d'un nouveau média, il n'y croit pas. Elle reste selon lui « irremplaçable pour sa rapidité ». Il reprend une petite nomenclature rapide des médias, selon laquelle la radio répond à la question « quoi ? », la TV à la question « comment ? » et la presse écrite à la question « pourquoi ? ».
Aujourd'hui animateur sur TSF jazz, Pierre Bouteiller reste un dévoreur d'ondes : Europe 1, France Inter, RTL, Classique, France Musique, France Culture... « Je zappe, dit-il. Je suis shooté à la radio ».
S.P.
A lire : Radioactif, Pierre Bouteiller, Ed Robert Laffont, 171 pages, 18 €.
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l' acceuil est agreable la maitresse de maison est sympa le decor mais dans...

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