Une chenille humaine, animée par une vingtaine de personnes et habillée d'un drap blanc, s'est avancée dans les rues de Carhaix, hier après-midi. Sur l'un de ses flancs, on pouvait lire ce slogan :
« Maternité et chirurgie menacées, hôpital en danger. » Le message est clair :
« Si on coupe un bout, ça meurt », explique un infirmier du bloc opératoire.
Défendre l'hôpital dans son intégralité, tel était l'objectif de l'impressionnante marée humaine - plus de 7 000 manifestants - qui a déferlé dans la capitale du Poher.
« Une fermeture appelle toujours une autre fermeture, redoute Jean-Yvon Roudaut, président du comité de défense et de développement de l'établissement.
Si les chirurgiens et les gynécologues s'en vont, il y a un risque de voir d'autres médecins partir. » Selon le cardiologue, une épée de Damoclès est suspendue au-dessus de la maternité et de la chirurgie
« sous le prétexte du déficit budgétaire ».
« Rester debout »
Les manifestants évoquent aussi le risque de ne pas voir de nouveaux médecins s'installer dans un pays où plus de la moitié des généralistes ont plus de 55 ans et où il n'y a
« quasiment pas » de médecins spécialistes libéraux. Le cas de l'hôpital de Carhaix-Plouguer n'est pas seul évoqué. Jean-Yvon Roudaut appelle à la
« solidarité » pour le service d'allogreffes pédiatriques du CHU de Brest, menacé d'un transfert à Rennes. D'autres citent de nombreuses mobilisations récentes, comme pour la psychiatrie à Redon ou la maternité de Clamecy (Nièvre).
Pour les manifestants, il s'agit de défendre
« l'égalité d'accès aux soins ». Et leur vision de l'aménagement du territoire.
« Il ne faut pas nous rayer de la carte », dit Anne-Marie Lucas (CFDT).
Christian Troadec, maire de Carhaix, refuse avec force la mise en place d'une
« Breizh riviera » équipée des hôpitaux, avec, au milieu de la région,
« un désert sanitaire, une absence totale de services publics ».
Hier, de nombreux commerces ont également baissé leur rideau pendant le défilé. L'ampleur de la mobilisation constitue
« un poids dans les négociations avec l'Agence régionale de l'hospitalisation », s'est félicité Jean-Yvon Roudaut. Mais beaucoup l'ont souligné : cette mobilisation n'était
« qu'une première étape ».
Mathieu HAUTEMULLE.
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