De gauche à droite, le médecin général Jean-Marc Debonne, médecin chef de l'hôpital d'instruction des armées ; le professeur Bertrand Fenoll, président de la commission médicale du CHU ; et Bernard Dupont, directeur général du CHU. Janvier dernier, forte affluence aux urgences du CHU, et capacités d'accueil saturées. Une collaboration se met en place avec l'hôpital d'instruction des armées (HIA) Clermont-Tonnerre, l'autre établissement de santé de service public de la ville. Ce dernier compte aussi des urgences et a des lits disponibles.
« Du jamais fait auparavant », souligne le professeur Bertrand Fenoll, président de la commission médicale du CHU pour qui « le temps de la concurrence est révolu ». « On a évité un plan Blanc », indique le médecin général Jean-Marc Debonne, médecin chef de l'HIA.
Une collaboration existait « depuis un an et demi ». Elle s'est renforcée. Les deux établissements élaborent un plan commun en cas de grippe A.
Autres projets en cours
La gestion des accidents cardio-vasculaires sera commune. Est envisagée la création d'un « standard » unique pour les consultations sur la douleur et la mémoire, spécificités des deux établissements. Des consultations de gynécologie et de d'urologie pourraient être organisées à l'HIA, animées par des praticiens du CHU.
Pour les radiologues, c'est la mutualisation des gardes et astreintes. Les médecins du CHU remplaceraient leurs homologues de l'HIA en cas d'absence sur des territoires étrangers. L'acquisition d'un équipement d'imagerie médicale (IRM) est envisagée.
Une démarche originale...
Ce rapprochement entre un hôpital civil (2 576 lits et places) et un établissement de santé militaire (200) est novateur en France. Elle est permise grâce à la notion de « service public » qui incombe désormais à l'hôpital des armées, en plus de celle, traditionnelle, de soutien aux armées. Il accueille tout public, 24 heures sur 24. Depuis le 1er janvier, il est aussi soumis à la tarification à l'activité.
Ce rapprochement restera une collaboration « sans remise en cause des activités des deux établissements ». Objectif : construire un « pôle hospitalo-universitaire de Bretagne occidentale », dans le « respect des différences de chacun », « dans un souci de performance accrue ». Et d'économies, bien sûr.
...dans l'esprit de la loi Bachelot
Cette loi appelle les établissements de santé « à travailler ensemble », explique Bernard Dupont, directeur général du CHU. Cette collaboration inédite pourrait poser certains problèmes, en raison des tutelles différentes, comme pour l'achat de matériels communs : ministère de la Santé pour l'un, de la Défense pour l'autre. Mais, « c'est tellement novateur qu'il n'y a rien dans les textes. Pas d'interdiction non plus ».
Volonté commune d'agir vite
« Les douze pôles du CHU sont tous impliqués », précise le professeur Fenoll. Des liens étroits existent entre ces établissements universitaires depuis de nombreuses années. Les médecins du CHU, au sein de la commission médicale, ont voté à l'unanimité en faveur de cette collaboration.
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