Face au destroyer Delhi, qui est le vaisseau amiral de cette opération, le capitaine de frégate Arnaud Provost-Fleury se met au garde-à-vous. « Garde-à-vous tribord ! » Le capitaine de vaisseau Arnaud Provost-Fleury quitte son fauteuil de commandement pour rejoindre le pont. Face à la mer, il se met au garde-à-vous pour saluer le destroyer qui dépasse son bateau, le Primauguet, une frégate anti-sous-marine. Car ce sont des invités bien particuliers qui naviguent au large de Brest depuis mardi dernier : quatre navires de la marine indienne.
Plus de 1 000 marins indiens participent avec les forces françaises à un exercice en haute mer baptisé Varuna. Depuis sept ans, les marines françaises et indiennes s'entraînent ensemble. Mais c'est la première fois que cet exercice se déroule hors de l'océan Indien. Objectif : renforcer la coopération des deux forces navales dans la lutte sous-marine ou contre la piraterie au large des côtes de Somalie.
1 500 marins mobilisés
Arrivés en pleine mer, les quatre bâtiments indiens et les deux français s'entraînent à « ratisser ». Ils devront utiliser cette technique pour retrouver le sous-marin nucléaire d'attaque Casabianca qui participe également à l'exercice. « Le classique jeu du chat et de la souris, résume le 2e officier de lutte sous la mer, Sébastien Crozat. Mais c'est cet exercice qui sera le plus excitant... »
Pour l'instant, les différents bâtiments apprennent à manoeuvrer ensemble. « Naviguer près les uns des autres, ravitailler en pleine mer... Ce sont des opérations qui peuvent paraître simples mais qui sont en fait une succession de manoeuvres délicates », explique Arnaud Provost-Fleury. Jusqu'à samedi, les 1 500 marins qui participent à Varuna enchaîneront les exercices jour et nuit : chasse au sous-marin, simulations d'attaques entre bateaux et avec des Rafales et des Super Étendards, ravitaillement en pleine mer...
Dans la langue de Shakespeare
A la passerelle, le commandant Sreekumar Srinivasan, observe silencieusement les marins français à l'oeuvre. Lui et le lieutenant Rahil Rai ont embarqué sur le Primauguet en tant qu'officiers de liaison avec les navires indiens. D'ailleurs, il semble que les Français soient un peu moins à l'aise que les Indiens dans la langue de Shakespeare. Rien d'insurmontable cependant selon le commandant Sreekumar Srinivasan : « Les symboles et les drapeaux utilisés dans le langage marin restent les mêmes d'une marine à l'autre, donc il n'y a pas de soucis pour particulier. »
Et en dernier recours, le bon vieux langage des signes se montre toujours salvateur...
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