Fac de lettres : le doyen démissionnaire
Une centaine d'étudiants anti-blocus s'est retrouvée à 10 h hier devant le parvis de la fac, et « appelle les étudiants à se présenter en cours lundi matin ».
Le feuilleton se poursuit à Segalen. Nouvel épisode : la démission du doyen, et la fermeture administrative de la fac de lettres.
Les étudiants anti-blocus s'étaient donné rendez-vous hier à 10 h sur le parvis de la fac de lettres. Arrivée sur place, la centaine d'étudiants n'a pu que constater que le blocus n'existait plus. Pascal Olivard, président de l'UBO, a choisi la fermeture administrative de la fac Victor-Segalen, pour 48 heures. « J'ai pris cette décision pour assurer la sécurité des biens et des personnes. L'université doit rester un lieu ouvert, et la grève, un droit individuel, explique-t-il. Je suis allé à la rencontre des étudiants bloqueurs, pour les inviter à choisir d'autres moyens d'action. Mais la communication passe mal, et je n'ai pas trouvé d'autre solution que la fermeture administrative. » Sur le parvis de la faculté Segalen, une autre nouvelle court : Benoît Jeanjean, le doyen de la faculté des lettres et sciences humaines, est démissionnaire. « Une motion a été proposée par certains membres du conseil de faculté, qui demandent la démission du doyen, explique Anna Fournier, élue étudiante. C'est une motion très agressive, annonçant qu'il outrepasse ses droits. » Mercredi, lors du conseil de fac, la motion proposée par le syndicat enseignant Snesup FSU, a été acceptée. « J'ai voté contre cette motion. Voter cela en situation de crise, c'est un véritable putsch, proteste l'élue étudiante. J'estime qu'il a eu le courage de prendre une position forte lors de ce blocus. »Contre le blocus« On m'a reproché d'avoir pris des positions personnelles par rapport au blocus, explique le doyen. J'ai simplement souhaité rappeler au respect des personnes et des consignes de sécurité. » Car depuis la mise en place du blocus, lundi, Benoît Jeanjean s'est clairement positionné contre le filtrage des entrées dans le bâtiment. « On ne peut pas cautionner l'occupation d'une fac par un nombre très minoritaire de personnes. Quelle que soit la légitimité de certaines inquiétudes. » Concernant son éviction, il regrette de ne pas avoir eu les moyens de mener à bien ses missions de doyen. « La motion a été votée, me demandant d'en tirer les conséquences. Mais le conseil n'a pas été en mesure de faire émerger une équipe : je n'avais qu'un assesseur, et non pas deux comme l'exige le statut de doyen, explique-t-il. Gérer 4 500 étudiants, 200 professeurs... c'est un travail énorme. Je n'avais pas les moyens humains et techniques pour assumer ces missions. »Une motion votée dans un contexte mouvementé, mais qui exacerbe simplement des tensions déjà existantes. « Le mouvement étudiant est venu ajouter une couche supplémentaire à ces tensions, qui reposent aussi sur des clivages politiques clairs entre membres du conseil de faculté. » Ce que confirme Pascal Olivard, le président de l'UBO. « Il s'agit d'un conflit entre un directeur de composante et son conseil. Cela n'a rien à voir avec le mouvement de contestation dans lequel on se trouve. »Naëlle LE MOAL.
Ouest-France
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