« La déconstruction n'intéresse pas Brest »
Jean-Pierre Hellequin (à g.) et Michel Glémarec, président et vice-président de Mor Glaz. :
« Mor Glaz », qui s'est battue pour que le Clemenceau soit démantelé à Brest, veut encore croire à la création d'une filière de déconstruction.
L'attribution de la déconstruction du Clemenceau au chantier anglais Able UK est « une triste nouvelle pour l'emploi local », constatait, amère, Jean-Paul Hellequin, le président de Mor Glaz. « Cela démontre que la déconstruction n'intéresse pas à Brest. »
L'association pointe les responsabilités de ce que Michel Glémarec, le vice-président, nomme « un raté ». Dans l'ordre décroissant: « D'abord l'État, puis les élus, nationaux et régionaux, et la chambre de commerce et d'industrie. » L'ancien universitaire constate au passage que « le pôle d'excellence mer aurait pu offrir une somme de compétences qu'on ne trouve nulle part ailleurs. Mais il n'a pas été mis à contribution pour réfléchir à la création de cette filière ».
Et les industriels locaux qui s'étaient regroupés pour obtenir le marché? Jean-Pierre Hellequin ne les accable pas: « On les a découragés. » Le dossier Clemenceau est-il clos définitivement? « On doit se poser des questions sur la façon dont ce chantier anglais a pu remporter le marché avec un prix trois fois inférieur aux autres candidats. Et ces derniers doivent poser des questions à l'État à ce sujet. C'est le moins disant social, le moins disant environnemental qui a été choisi. »
La création d'une filière est-elle définitivement compromise? Le président de Mor Glaz a des raisons de penser le contraire. « Ce groupe anglais démontre que cette activité peut être économiquement viable. Le prix de l'acier ne cesse de grimper. Mais ils ne pourront pas absorber tous les navires à déconstruire. »
Alors Mor Glaz va répéter son credo, encore et encore, sur son stand des fêtes maritimes de Brest 2008.
Ouest-France