Édition du samedi 11 août 2007
Quelle chance d'être au Bout du Monde !
Le sourire aux lèvres les festivaliers ont envahi hier la prairie de Landaoudec. C'était parti pour trois jours de fête et de partage.
« Faites gaffe, les gars, il y a un s..... d'hélicoptère qui nous espionne. » Le chef de la fanfare est déjà fatigué et voit des espions partout au-dessus de la prairie de Landaoudec. Il est vrai que ça fait un grand bout de temps que les musiciens jouent pour accueillir les milliers de festivaliers, et qu'il fait soif. Avis de grand soleil au Bout du Monde et ça met des grands sourires sur les visages, même quand les agents de sécurité enlèvent systématiquement tous les bouchons des bouteilles d'eau, au cas où certains s'aviseraient de transformer leur magnum désaltérant en missile vengeur vers un artiste moins apprécié. Prendre ses précautionsAu Fret, les festivaliers débarquent tranquillement, tout heureux d'avoir trouvé une place : ça bouchonnait en fin de matinée sur le port de Brest ! En voiture, le début d'après-midi est encore paisible. Ce ne sera pas le cas plus tard où les bouchons -les vrais, cette fois - seront de rigueur avant d'arriver à Tal-ar-Groas ! Jacques Guérin, le patron du festival, sillonne le site en scooter et à l'oeil à tout : « Là, vous me virez la voiture, les gars. Il faut garder la route disponible pour la sécurité. »Dans la tente des secouristes de la Croix de Malte, on s'affaire à préparer les lits, à rouler des bandes (la prairie est bosselée, en raison des intempéries récentes, les entorses menacent). Le vendeur de glaces débrouille sa rallonge électrique. À l'information, les festivaliers écologistes interpellent une bénévole : « Pourquoi tous les lampadaires sont-ils allumés en plein jour, ça consomme. » Pour des raisons techniques, rassure la dame qui « comprend et promet de transmettre » ! Il y a déjà une file d'attente devant les toilettes : le festivalier habitué sait qu'il faut prendre ses précautions. Une ouverture de folie17 h, enfin, le premier artiste sur la grande scène. C'est Ridan, tee-shirt blanc, jean tout simple, tennis qui ont déjà voyagé. Trois titres choc, dont Quelle chance, quelle chance d'habiter la France. Et quelle chance d'être là : c'est parti pour une ouverture de folie ! Dans les premiers rangs, ça danse. Mais plus loin aussi. Avec Toumani Diabaté qui souffle en public les bougies de son 42e anniversaire, l'enthousiasme monte encore d'un cran. En d'autres temps, on aurait appelé ça de la fusion, ou de la world. C'est tout simplement la musique d'un artiste inspiré qui a fédéré autour de lui des musiciens qui ont tout écouté : musiques traditionnelles, rock anglo-saxon, rythmes afro-cubains. Quand la danse s'en mêle, c'est tout simplement magique. Comme est magique l'ambiance sur la petite scène, avec Bombes 2 Bal qui entraîne le public dans des farandoles endiablées. Ou l'ambiance gitane sous le chapiteau. Plus qu'un frémissement, c'est déjà un bouillonnement en cette première soirée du festival. Gageons que le soufflé ne va pas retomber...
Ouest-France