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Autour du blues
C'est dans la presse, le 17 février, que les riverains ont découvert l'annonce du projet et l'avis d'enquête publique. « Un atelier de naissances-post sevrages sera créé. Le projet est de faire passer le nombre de porcelets de 400 à 1 000. » À Guissény, le projet de création d'un élevage porcin par l'EARL Le Gall à Kervézennec ne plaît pas à tout le monde. Une association de riverains « Le village des arbres » a exposé ses griefs dans un dossier transmis au commissaire enquêteur et au préfet du Finistère. « Nous sommes sans réponse de leur part », relève Jean-François Doher, président de l'association. De son côté, fin avril, le conseil municipal de Guissény a émis un avis favorable au dossier.
C'est dans la presse, le 17 février, que les riverains ont découvert l'annonce du projet et l'avis d'enquête publique. « Un atelier de naissances-post sevrages sera créé. Le projet est de faire passer le nombre de porcelets de 400 à 1 000. » Un bâtiment de 2000 m2 et une fosse à lisier doivent être réalisés.
Mais les riverains ont aussi découvert que la mairie avait délivré le permis de construire le 17 janvier. Soit deux mois avant le début de l'enquête publique qui a eu lieu entre le 17 mars et le 17 avril. L'association a le sentiment que les dés sont déjà joués. « La procédure en cours n'est qu'un simulacre. »
Un dossier « évasif » et « incomplet » ?
Les riverains, qui apprécient la tranquillité de leur hameau, s'inquiètent des odeurs de lisier, du bruit des camions... Lesquels vont circuler sur une route inadaptée. Le réseau électrique serait déjà insuffisant. Surtout, « cette augmentation du cheptel est illégale car située sur un canton en zone d'excédent structurel », affirme l'association. Les terres agricoles y sont insuffisantes pour épandre toutes les déjections animales.
L'association relève un dossier « erroné, voire mensonger ». « Quatre habitations, dont la mienne, ne sont pas signalées sur la carte d'épandage. C'est d'autant plus étonnant que, comme par hasard, elles se situent au centre de la zone d'épandage », s'indigne Jean-François Doher.
Le dossier est « évasif » et « incomplet », sans analyses de l'état actuel de l'eau et du sol. Quel impact sur l'environnement se demande l'association ? L'exploitation et ses terres d'épandage se situeront en plein bassin-versant de l'Alanan laquelle se déverse dans l'étang du Curnic, classé Natura 2000. La proximité directe de cette zone protégée ne serait pas prise en compte dans le dossier
Il existe déjà cinq porcheries dans un rayon de deux kilomètres. C'est suffisant. « Il faut savoir dire stop » déclare Françoise Roumier, qui habite Kervézennec depuis sa naissance. Dans le quartier, L'Auberge de Kéralloret, le seul hôtel-restaurant de la commune, craint de perdre ses labels. Une pétition menée par les riverains a recueilli plus de 1 100 signatures.
Laurence GUILMO.