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6 mai 2007, 9 mars 2008. En l'espace de dix mois, les larmes des jeunes socialistes après la défaite de Ségolène Royal à la Présidentielle se sont transformées en cri de victoire et en applaudissements, hier soir, à l'hôtel de ville. Au terme du premier tour, fort logiquement, François Cuillandre fait largement la course en tête. Il truste 45,79 % des voix. Un score pratiquement équivalent à celui de 2001.
Il devance de près de 25 points l'UMP Laurent Prunier et de plus de 34 points l'Indépendant Fortuné Pellicano. La surprise de la soirée, c'est le bon score de la gauche alternative. Céline Mandon et les siens, du groupe Pour Brest, la gauche debout !, frisent les 9 %. C'est un peu plus que le MoDem, mais pas assez à leurs yeux. Ils espéraient franchir la barre fatidique des 10 %.
« Nous continuons à être partisans d'une fusion démocratique avec la liste d'union de la gauche du maire sortant. Il est normal que les 4 037 électeurs qui ont voté pour nous soient représentés au conseil municipal. Nous avons sollicité un rendez-vous avec François Cuillandre. Nous attendons sa réponse... »
Pas sûr qu'il donne suite à ce courrier. Le maire sortant a, en effet, clairement réaffirmé, hier soir, que sa liste du premier tour « serait la même qu'au second ». Sur le score qu'il a réalisé lors de ce premier tour, François Cuillandre se dit « content », mais sans plus. La faible participation le déçoit beaucoup. Elle dépasse tout juste les 53 %.
« Ce fort taux d'abstention se constate dans toutes les grandes villes. À Brest, cependant, beaucoup ont pensé que les jeux étaient faits. Ce n'est pas le cas. Il faut que les électeurs se mobilisent dimanche prochain. Reste que les dossiers du tramway et de la future gestion de l'eau n'ont pas joué. »
« Une équipe nouvelle ? Pas ce coup-ci »
À droite, c'est la déception. Certes l'UMP s'attendait à un combat difficile, mais la différence avec la gauche est importante. « Je partais de loin, confesse Laurent Prunier. Je suis jeune et peu connu. Les chiffres montrent que c'est autour de la nouvelle génération que peut se structurer la droite à Brest. »
Une fusion avec le MoDem ? Rien n'est exclu du côté de l'UMP pour dimanche prochain. Le centriste Mickaël Cabon, lui, la refuse. « On ne se retrouve pas dans les projets de François Cuillandre. On ne se retrouve pas, non plus, dans le projet des listes sarkozystes. Pour ma part, je voterai blanc le 16 mars. Et notre liste Brest au coeur va se transformer en association pour porter nos idées. »
L'Indépendant Fortuné Pellicano, pour sa part, en appelle « à un rassemblement le plus large possible. Durant ma vie politique, je n'ai jamais été un facteur de division. » Alors droite unie au second tour face à François Cuillandre ou triangulaire ? On voit mal Fortuné Pellicano faire alliance avec Laurent Prunier, le leader « de la droite dure » qu'il rejette. Mais en politique, tout est toujours possible...