Vendée Globe 2008 - C'est reparti pour un tour !
Roland Magdane
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La femme dit avoir été violée par un jeune homme. Un autre individu l'accompagnait mais n'a rien fait. Cécile (prénom d'emprunt), 36 ans, avait passé la soirée chez un ami, rue Sébastopol. Elle avait beaucoup bu, s'était endormie. Au petit matin, elle rentrait à son domicile situé au milieu de la rue Jean-Jaurès. Elle descendait cette rue lorsqu'elle avait croisé deux hommes. L'un d'eux lui avait arraché son sac à main. Elle les avait rattrapés et convaincus de lui rendre son sac. Mais l'un d'eux l'avait « agrippée par le cou et traînée sur une cinquantaine de mètres » dans la petite rue Chapdelaine.
Grâce à l'ADN
Ce n'est qu'en février 2005 que les policiers avaient interpellé Vincent. Son ADN correspondait à celui extrait du sperme prélevé sur la victime transportée à l'hôpital. Le jeune homme avait été placé sous contrôle judiciaire. Il comparaît donc libre devant la cour d'assises.
Vincent a toujours maintenu que la relation avec Cécile était consentie. Il affirme l'avoir rencontrée sur la place de la Liberté. Ils avaient remonté ensemble la rue Jean-Jaurès. Ils s'étaient « chauffés à blanc », puis s'étaient mis à l'écart pour avoir une relation sexuelle.
Pourquoi aurait-elle porté plainte ? « Après, j'ai pas été très agréable. » Il lui aurait dit qu'elle n'était « pas top ».
Cécile, elle, ne se souvient que d'une phrase : « Tu vas prendre ton pied... » Elle dit que son agresseur lui a cogné la tête contre le mur.
L'itinéraire de la jeune femme ne correspond pas aux déclarations de Vincent. Si elle rentrait chez elle depuis le haut de la rue Jean-Jaurès, elle n'avait aucune raison de descendre jusqu'à la place de la Liberté.
Ce n'est pas la seule contradiction dans le récit de l'accusé. Il affirme être allé à un concert sous l'hôtel de Ville, puis en discothèque à la Soute, avec un couple d'amis. Dans son journal intime, France avait noté qu'après le concert, elle était rentrée avec son copain en bus à Plouzané. Vincent leur avait même fait part de son intention de rentrer à pied jusqu'à Kersaint-Plabennec.
Des contradictions
Or, un mois auparavant, cet intérimaire du bâtiment avait reçu un coup de couteau lors d'une agression. Il insiste : il ne pouvait pas courir. Sous-entendu : impossible de voler un sac à l'arraché. Ses proches affirment qu'il boitait. Son employeur ne garde pas le souvenir d'un quelconque problème physique.
Il est avéré que lors de la soirée, Vincent avait remonté toute la rue Jean-Jaurès avec le couple d'amis pour aller acheter un pack de bière. Il serait donc redescendu vers la place de la Liberté, puis aurait de nouveau remonté la rue Jaurès avec Cécile. Beaucoup de marche pour un blessé qui faisait très attention à sa jambe.
Lors de l'examen de sa personnalité, le jeune homme n'a pas contesté être « très impulsif », violent quand il a bu. Le psychologue évoque « une personnalité de type limite ».
L'audience se poursuit aujourd'hui. Le verdict est attendu en soirée.
Yannick GUÉRIN.