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Hier après-midi, à Brest, plus d'un millier de personnes, venues de tout le département, ont apporté un soutien chaleureux au maintien des activités d'allogreffes et de neurochirurgie pédiatriques au CHU. « C'est un succès », a commenté Jean-Paul Hellequin, amaigri, fatigué, mais réconforté par ce soutien massif et chaleureux. Hier après-midi, place de la Liberté, à Brest, près de 1 200 personnes se sont rassemblées pour défendre le maintien des allogreffes et neurochirurgie pédiatriques à Brest. Des anonymes, mais aussi des maires et des élus finistériens.
Ce rassemblement a été initié en quelques jours seulement par Jean-Paul Hellequin et Thierry Mérour, en grève de la faim depuis douze jours. Ils ont notamment écrit aux 283 maires du Finistère. Le premier est l'un des parrains de Leucémie-Espoir. Le second est le père d'une fille soignée, greffée et guérie d'une leucémie à Brest.
Ils ont commencé leur action le 1er avril, date à laquelle l'Agence régionale d'hospitalisation a prononcé le transfert dans le cadre du futur schéma interrégional d'organisation sanitaire (SIOS). « Cette décision inacceptable a été prise par de hauts fonctionnaires. Que la parole soit redonnée aux élus ! Nous demandons au gouvernement de rouvrir la discussion », expliquent les grévistes.
Une manifestation le 17 mai
Une centaine de motards de l'association GK 36 était présente. L'un de leurs membres est décédé d'une leucémie il y a neuf ans, et l'une de ses filles est soignée à Brest pour la même maladie. « Rennes se trouve à 250 km. C'est trop loin, pour les enfants et pour les familles », affirme Isabelle, une motarde.
« Ce transfert, c'est une honte ! La proximité, c'est fondamental ! » s'exclame Annie, grand-mère d'une petite-fille de 3 ans atteinte d'une tumeur cérébrale. Jo, père de Tugdual, décédé d'une leucémie, le dit : « Jusqu'au bout, nous avons pu l'accompagner. Pour lui, pour ses frères, et pour nous, ses parents, ça a été quelque chose de formidable. » Nicolas Floch, maire de Saint-Pol-de-Léon, médecin, indique : « On défend avec force des services de santé de qualité à la pointe de Bretagne »
Ce combat engage, par-delà les clivages politiques. Le sénateur socialiste François Marc est venu comme « père et grand-père ». Pour Laurent Prunier, conseiller municipal brestois et tête de liste UMP aux dernières élections municipales : « Il faut que le gouvernement ait le courage de revenir sur cette décision ».
Les manifestants ont remercié les deux grévistes pour leur courage. Ils ont applaudi le professeur Christian Berthou, chef du service d'hématologie au CHU, engagé depuis le début dans le combat en faveur du maintien. « Un homme de coeur et un grand médecin », a souligné un de ses collègues, professeur à l'université.
La décision de l'ARH ne sera effective que lorsque des appartements destinés aux familles, seront construits à Rennes. D'ici un an à dix-huit mois. En attendant, et même s'il n'y a pas beaucoup d'espoir, les partisans du maintien veulent continuer de se battre. Une pétition a recueilli 4 000 signatures.
Une manifestation est annoncée par l'association Céline et Stéphane et François Cuillandre, maire de Brest. Elle aura lieu le samedi 17 mai. Celle d'octobre avait réuni entre 2 500 à 3 000 personnes. Les organisateurs en espèrent davantage. La manif de Carhaix pour défendre son hôpital (entre 7 000 et 10 000 personnes) apparaît comme un exemple de mobilisation réussie.
Jean-Paul Hellequin et Thierry Mérour se disent plus déterminés que jamais à poursuivre leur grève de la faim. Le professeur Berthou avertit que « d'ici huit jours, et ils risquent l'hospitalisation ».
Laurence GUILMO.