Qui succédera à Y. Marzin à Brest-centre ?
L'indépendant Fortuné Pellicano a été adoubé par l'élu centriste sortant. C'est un avantage réel, mais la droite est encore divisée dans cette élection. Ce qui pourrait faire l'affaire du PS.
C'est un peu le village gaulois qui résiste à l'envahisseur romain. Brest-centre (12 000 électeurs) est le seul des dix cantons de la cité du Ponant à être encore détenu par la droite. Cette dernière entend donc défendre jalousement son pré carré, histoire de peser un petit peu plus au sein d'une assemblée départementale bien rose. La gauche, de son côté, espère ravir ce territoire dans les prochaines heures pour réussir un grand chelem historique.
Qui succédera donc à Yannick Marzin au soir du 16 mars ? À la mi-décembre, l'élu centriste, « fatigué des pressions de l'UMP », renonçait à briguer un quatrième mandat, préférant se consacrer aux municipales à Porspoder, sa commune de résidence. Depuis, les annonces de candidatures se sont succédé en centre-ville. Les postulants sont nombreux. Ils seront neuf sur la ligne de départ du premier tour, dimanche prochain. La « bataille » s'annonce donc serrée.
Trois candidats à droite...
Adoubé, dès la fin de l'année dernière, par Yannick Marzin, Fortuné Pellicano (ex UMP, devenu indépendant) compte bien sur ce précieux soutien pour représenter Brest-centre au conseil général. Également candidat aux municipales, il mène une campagne très active au coeur des quartiers depuis déjà plusieurs semaines, même si l'étiquette Recouvrance - son quartier - lui colle encore à la peau. Réussira-t-il donc à faire oublier ce petit côté « populaire » de la Rive-droite, à un électorat du centre-ville nettement plus bourgeois ?
Le conseiller municipal et communautaire sortant a, toutefois, fort à faire à droite. L'UMP, ici aussi, a décidé de faire le ménage et de donner sa chance à Jean-Charles Jézéquel, un chef d'entreprise de 33 ans. Mais comme rien n'est jamais simple à Brest pour le parti de Nicolas Sarkozy, un autre candidat s'est également lancé dans la course au Département : Jean-Yves Le Borgne. Il se présente sans étiquette, tout en mettant ouvertement en avant son appartenance à l'UMP dans ses divers documents de campagne. Une manière de jeter le trouble chez certains électeurs, pensant que c'est lui le candidat UMP. Une façon de faire qui déplaît fortement (voir ci-dessous).
...Cinq à gauche et une au centre
Cette division, désormais habituelle, pourrait faire le bonheur du candidat socialiste. Le PS a donné sa chance à Réza Salami. Âgé de 43 ans, ce commerçant bien implanté rue de Siam n'est pas un néophyte de la politique. En bon joueur d'échecs, c'est un fin stratège. Il a dirigé, avec beaucoup de réussite, la campagne législative de Patricia Adam et figure à la 17e place de la liste municipale de François Cuillandre. Reste qu'à gauche, le choix des candidats ne manque pas, non plus. On retrouve la Verte Marif Loussouarn, la communiste Claude Bellec, l'ex-UDB, devenu sans étiquette, Reun L'Hostis, et Olivier Cuzon de La gauche debout !
Et au centre ? Un temps en lice pour mener la campagne municipale du MoDem, Nicole Jouan a préféré jeter l'éponge le 26 décembre et se replier sur Brest-centre. Un deuxième choix qui n'en est plus un. Ce médecin de 42 ans a pris à bras-le-corps les problèmes du canton et y mène une campagne très active. Mais ce travail de proximité sera-t-il suffisamment payant ? Aux dernières législatives à Brest-centre, le MoDem n'avait recueilli que 11 % des suffrages.
Un manque de programme
L'élection des 9 et 16 mars se jouera, essentiellement, sur la personnalité des candidats et leur appartenance politique. Certainement pas sur leur programme. Difficile, en effet, d'en avoir un, quand on brigue un mandat de conseiller général d'un canton aussi urbain que celui de Brest-centre. Les problèmes d'insécurité, de voiries qui se dégradent, de propreté, de collecte des déchets, d'impôts trop élevés... mis souvent en avant, ne sont pas de la responsabilité de l'élu départemental, mais du maire et de son équipe municipale.
Yves-Marie ROBIN.
Ouest-France