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Autour du blues
Plougonvelin, Ploudalmézeau, Saint-Renan et Plabennec. Selon la liste publiée sur le site internet du ministère de l'Éducation nationale, ce sont les quatre communes du pays de Brest qui mettront en place un service minimum d'accueil (Sma), aujourd'hui, dans les écoles fermées pour cause de grève.
Le Sma consiste à rémunérer des agents municipaux pour qu'ils gardent les enfants ces jours-là. Ils sont rémunérés grâce aux retenues sur salaires des grévistes. Les familles ne déboursent pas un centime non plus. Ce système a été initié par Xavier Darcos, ministre de l'Éducation nationale. Il a été expérimenté pour la première fois le 24 janvier, journée de grève unitaire, dans 2 000 communes environ (sur 22 500 possédant une école).
Les communes socialistes ont décidé de boycotter ce service, mettant en avant le respect du droit de grève. Aussi la présence de Plabennec surprend. Car, depuis mars, elle est gérée par Jean-Luc Bleunven, maire de gauche. « On fait un accroc, reconnaît-il. Mais il existe chez nous une tradition d'accueil des enfants. »
Néanmoins, il ne s'agit pas d'un service minimum « à la Darcos ». L'accueil est bien effectué dans les écoles par du personnel communal (les Agents territoriaux spécialisés des écoles maternelles), mais il est payant pour les familles, ce qui fait toute la différence. Le coût correspond à une journée en centre aéré. Pour marquer sa différence, le maire ne signera pas de convention avec le ministère.
Plougonvelin « n'a pas eu le choix »
La présence de Plougonvelin peut aussi étonner. La commune a pourtant été, officiellement (selon la liste de l'Éducation nationale) la première du pays brestois à organiser ce service. Traditionnellement, à l'image de Plabennec, elle mettait déjà en place un accueil. Le 24 janvier, le Sma a bénéficié à 10 % des maternelles (11) et 6 % des élémentaires (18).
Mais Louis Caradec a été battu aux élections municipales par Israël Bacor, sans étiquette, mais dont des adjoints sont de gauche. « On n'a pas eu le choix, indique Alain Cariou, adjoint aux écoles. Il y a une dizaine de jours, nous avons découvert qu'il fallait un préavis d'un mois pour remettre en cause la convention. » Mais la question sera débattue par les conseillers municipaux. L'État a remboursé la commune, mais pas entièrement. « On y a mis un peu de notre poche. » Pour les écoliers de l'élémentaire, la commune avait sollicité des animateurs, payés en heures supplémentaires.
L'adjoint s'inquiète également que les communes soient « responsables » des enfants. Un aspect qui a aussi freiné la commune de Plougastel, pourtant à droite, en plus du souhait de ne pas « casser » le droit de grève. « La grève ne dure qu'une journée. La plupart des parents se sont organisés pour la garde de leurs enfants », justifie Patricia Hénaff, adjointe.
Le 24 janvier, Ploudalmézeau, gérée par l'UMP Marguerite Lamour, avait aussi organisé un service d'accueil. Mais la convention n'a été signée qu'en février. Saint-Renan, commune de droite, s'est différenciée en instaurant ce service minimum en mars, à l'occasion d'une grève dans la fonction publique.
Laurence GUILMO.