Etienne Daho
Webcam
Co-voiturage






Hier, sur le coup de 18 h, les camions-bennes aux couleurs de Brest Métropole Océane se succèdent à l'entrée de l'usine d'incinération du Spernot. Brest Métropole Océane vient de marquer un point dans le conflit l'opposant aux agents du service de collecte des ordures ménagères. Même perturbées, les tournées ont repris.
Mardi après-midi, statuant en référé, le président du tribunal de grande instance a pris une ordonnance constatant le caractère « abusif » du blocage du site du Spernot ainsi que des « voies de fait » constitutives de « troubles manifestement illicites ». Si nécessaire, la communauté urbaine peut solliciter l'intervention de la force publique.
Le lien de cause à effet paraît évident. Hier soir, on ne voit plus trace du piquet de grève qui filtrait les entrées à l'entrée du Spernot. À BMO, Bernadette Abiven, vice-présidente chargée du personnel, se félicite d'une « évolution plutôt positive dans ce conflit aux modalités illégales ».
Un courrier aux agents
Directeur général des services de BMO, Bertrand Uguen évoque une situation « mieux gérée par le syndicat », en l'occurrence Force Ouvrière, à l'initiative du mouvement revendicatif des agents de collecte. « Il fallait mettre fin à des dérives. Les agents débrayent dans le respect du préavis de grève. La collecte est désorganisée mais elle est maintenue. On retrouve un minimum de légalité. »
Selon les responsables de BMO, cette légalité avait été sérieusement malmenée les jours derniers. « Nous ne contestons pas le droit de grève. Mais il n'est pas admissible qu'un agent se déclare en grève pour une heure et passe sa journée sur un piquet de grève. »
Brest Métropole Océane a adressé à ces agents un courrier « les mettant face à leurs responsabilités ». « Les heures de grève ne seront pas payées. Les heures de rattrapage se feront dans le temps normal de service. Si ce n'est pas suffisant, nous ferons appel à des moyens extérieurs. »
Le message de fermeté est évident. BMO indique également qu'elle a porté plainte suite à des « agissements délictueux ». Des grévistes se seraient introduits de nuit dans les locaux. Les coffres des agents non-grévistes auraient été « sabotés ».
80 € par mois
Hier, les camions-bennes sont sortis quasi normalement : 24 sur 27 le matin, 5 sur 5 l'après-midi. « 70 % des tournées ont été effectuées. » Cela ne veut pas dire que le mouvement de grève est suspendu. Sur les 82 agents présents à l'embauche hier matin, les trois quarts se déclaraient toujours grévistes.
Comment ce mouvement revendicatif va-t-il évoluer ? Il porte sur une prime de l'ordre de 80 € dont ne bénéficient pas les nouveaux embauchés. Ils sont 36 sur les 136 agents que compte le service de collecte des ordures ménagères.
L'enjeu peut paraître minime mais la direction de BMO en fait une question de principe. Selon elle, cette revendication ne peut être satisfaite que dans le cadre de la négociation d'ensemble portant sur le régime indemnitaire des 3 300 agents de Brest Métropole Océane. Pas question de faire un cas particulier.
« Ils peuvent rester en grève, cela ne changera pas notre position d'un iota », martèle Bertrand Uguen. Confortés par une décision de justice, les responsables de BMO sont moins enclins que jamais à céder.
Olivier MÉLENNEC.
Médecin brestois, elle travaille au Kosovo
Les subventions
Allogreffes pédiatriques : une semaine décisive
Le Brest d'antan raconté en cartes postales
À Guissény, grogne contre un projet d'élevage
Un petit hôtel de caractère ouvert au Conquet
Des cyclistes donnent du souffle à la recherche