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François Cuillandre. François Cuillandre, maire de Brest. « Je tiens à exprimer ma colère et mon écoeurement après l'annonce officielle du ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, de mettre fin « dans les prochains jours» aux activités d'allogreffes de moelle osseuse pour les enfants leucémiques au CHU de Brest.
« Colère devant la mascarade d'une annonce qui survient deux jours après la mobilisation des familles et citoyens de la pointe Bretagne, et à peine une semaine après la rencontre que la ministre a accordée à la délégation d'élus brestois, montrant ainsi que le problème était réglé d'avance.
« Écoeurement face au comportement de la ministre de la Santé qui balaie d'un revers de la main le drame des familles, les mobilisations associatives et citoyennes, et qui ignore volontairement la qualité et les compétences du personnel de santé et du plateau technique du CHU de Brest. »
Marguerite Lamour, députée UMP. « J'ai appris la nouvelle en lisant la dépêche de l'Agence France presse. Je suis déçue. La réunion de mercredi, au ministère de la Santé, avait été courtoise. Collectivement, nous avions plaidé pour un audit. Cela n'a visiblement pas été retenu. Pourtant, depuis des mois, les élus finistériens martèlent pour obtenir le retrait de ce transfert.
« Les familles devront se rendre à Rennes, loin de leur domicile. Ce sera très dur pour elles.
« Mais je vais continuer à porter ce dossier. Une demande d'entretien a été effectuée auprès de Nicolas Sarkozy. Il faut que le chef de l'État entende la demande brestoise. »
La Fédération du Finistère du Parti socialiste. « À l'issue de la réunion du 14 mai, les parlementaires finistériens hésitaient entre espoir et inquiétude. Ils sont maintenant fixés : cette rencontre n'était qu'un leurre. La ministre n'a pas attendu plus d'une semaine pour annoncer la suppression des allogreffes pédiatriques.
« C'est inacceptable. Comment peut-elle mettre en avant la qualité des soins, alors que l'audit demandé par les parlementaires finistériens n'a même pas été réalisé ? Nous appelons solennellement la ministre de la Santé à reconsidérer sa décision et à commander un audit impartial permettant de mettre en évidence la qualité des soins à Brest. »
De Véronique Boënnec (Plouguerneau) à Nicolas Sarkozy. « Depuis l'année 2000, je suis patiente en hématologie dans le service du professeur Berthou au CHU de Brest. J'ai pu y apprécier la qualité des soins [...]. En 2000, il a été envisagé de me faire une allogreffe. Elle ne pouvait se faire qu'à Paris. J'ai préféré un traitement plus long par chimiothérapie.
« Après le verdict de mon cancer, je ne me sentais pas capable de supporter l'éloignement familial. Je devais laisser mes deux filles de 5 et 7 ans derrière moi. Alors imaginez ce qu'il en est pour un enfant atteint d'un cancer du sang. Dans une guérison, tout est primordial. Le moral compte énormément. Pour l'enfant, l'éloignement familial est un déchirement. Faut-il l'avoir vécu pour en prendre conscience ? »
François Marc, sénateur socialiste : « C'est une très mauvaise nouvelle. Et il est scandaleux de prendre en compte une telle décision sans avoir pris en compte l'intérêt des enfants. Quand la ministre dit qu'elle prendra sa décision sur des critères de qualité des soins et pas de finances, il faut le prouver, et de façon objective. La seule façon était de réaliser un audit comparatif des activités rennaises et brestoises sur les dix dernières années. Là, ce choix n'est pas rationnel. C'est décevant !
« Je regrette aussi que, mercredi dernier, l'expert présent lors de la rencontre au ministère de la Santé était le professeur Édouard Le Gall, responsable de l'hématologie pédiatrique au CHU de Rennes. Quelqu'un qui était juge et partie. »
Marylise Lebranchu, députée. « Madame la ministre de la Santé a, malheureusement, tranché trop vite. Les allogreffes pédiatriques ne seront plus faites à Brest. Certes, l'accueil des parents sera assuré, nous dit-on à Rennes. Mais Madame la ministre n'a pas voulu entendre que de la pointe de la Bretagne à Rennes, il y a plus de deux heures de route et que beaucoup de parents travaillent.
« Qui pourra prendre des congés sans solde pour accompagner un enfant ? Un des deux parents, celui qui pourra retrouver son travail après, à condition que leurs ressources communes leur permettent cela. Qu'en sera-t-il d'une famille monoparentale ? Encore une fois, il y aura inégalité devant non pas la technique médicale - les greffes étaient bien faites à Brest, elles le seront sans doute à Rennes - mais devant la vie, quand les territoires sont loin des grands pôles métropolitains, quand le gouvernement est prêt à tout pour faire des économies et quand être malade n'est pas suffisant. C'est une double peine pour ceux qui doivent aller loin de chez eux. »
Patricia Adam, députée socialiste. « Je ne suis malheureusement pas surprise de la décision de Roselyne Bachelot. Je suis même persuadée que la décision était prise avant que la délégation finistérienne ne soit reçue au ministère de la Santé la semaine dernière. La présence du Pr Édouard Le Gall, chef du service d'hématologie pédiatrique du CHU de Rennes, chargé de conseiller la ministre sur le plan médical, était particulièrement inopportune et a scandalisé toutes les personnes présentes.
« Une fois de plus, la spécificité géographique de la Bretagne occidentale est niée par un gouvernement sourd et aveugle aux enjeux des territoires. Le prétexte de la qualité des soins est un mensonge pur et simple. Il s'agit, ni plus ni moins, de concentrer l'offre en région pour réduire d'autant les moyens du service public de santé. On peut d'ailleurs craindre que cette logique comptable annonce d'autres transferts à venir. »
Christian Ménard, député UMP. « C'est une très grosse déception. Je pensais que les critères que nous avions soutenus lors de la rencontre à Paris, avaient été pris en compte. J'en prends acte. »