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Louis Aminot revient sur les mois, entre 13 ans et 15 ans, qui ont conditionné toute sa vie future de communiste, d'élu, de militant. « Maintenant, je vais écrire », confiait Louis Aminot à Ouest-France en novembre 2001, alors qu'il mettait fin à une drôle de carrière hachée par la politique. Il a tenu parole. Son premier livre est en librairie depuis plusieurs semaines.
L'histoire de Louis Aminot est indissociable de l'histoire politique d'une ville dont il a été l'élu pendant 24 ans. Entré aux Jeunesses communistes à l'âge de 15 ans, il a gravi rapidement les échelons, adhéré cinq ans plus tard au Parti communiste tout en travaillant à l'Arsenal comme électricien. Plus tard, il sera embauché directement par le Parti. Puis licencié quand il rejoindra les rénovateurs !
Marchant à l'affectif
Fidèle à ses convictions, mais du genre à ruer dans les brancards, marchant plutôt à l'affectif qu'au respect strict des lignes politiques, Louis Aminot est plus que Brestois : un vrai ti-zef à vie. C'est pourtant loin de la cité du Ponant qu'il a vraiment réalisé son voeu d'écrire. « Moi qui ai milité toute ma vie pour la retraite à 60 ans, je me suis vu contraint de travailler plus pour gagner plus », s'amuse-t-il.
Pendant six ans, faute de retraite suffisante en raison d'une carrière professionnelle en dents de scie, il a travaillé aux relations publiques et à l'organisation d'événements à la mairie de Sevran en région parisienne. Peut-être lui fallait-il être au loin pour mieux s'immerger dans ses jeunes années. « Un exercice dur, même si j'ai écrit de nombreux articles dans ma vie militante. » Il voulait comprendre comme lui, « qui n'est pas né dans une famille communiste », s'est ainsi engagé aussi loin et aussi longtemps dans la vie militante.
« J'étais un enfant curieux, en éveil, très radical. » Fréquentant aussi assidûment le catéchisme que le patronage laïque Guérin. Révolté par l'injustice de la vie. Sa mère est morte à 36 ans. Quelques mois plus tard, son père, « qui aimait les militaires », l'a obligé à devenir apprenti à l'Arsenal. Dans les années 50, on obéissait, la rage au coeur. Cette déchirure familiale a conditionné le reste de sa vie.
La mémoire des émotions
C'est ce qu'il raconte dans Zef ou l'enfance infinie, dont les premières pages se situent en décembre 1953, au décès de sa mère, et qui se termine à ses premiers pas d'arpète en 1955. Sans notes, sans documents, il retrace avec une langue toujours juste, de la nostalgie mais pas trop, le Brest populaire de ces années 1950, celui des baraques et des quartiers grouillants d'une jeunesse avide de sport, de musique... et de changement social.
Sa soeur Laurence l'a aidé. « Elle avait la mémoire des faits, moi celle des émotions. » Les deux se mélangent dans ce livre « qui suggère plus qu'il ne dénonce ». Un deuxième livre suivra, qui racontera la vie militante. Où Louis Aminot parlera de ses combats, de ses convictions sur les problèmes de la Défense, sur le sport. De tout ce qui l'a fait bouger pendant des années.
Deux facettes d'un parcours personnel qui en recoupe bien d'autres. Nombre de Brestois se reconnaîtront.
Josiane GUÉGUEN.
Rencontre avec Louis Aminot autour de Zef ou l'enfance infinie (éditions Syllepse, 13 €) mardi 1er avril à 18 h à la librairie Dialogues. Entrée libre.