Vos plus belles photos de bateaux !
Vos plus belles photos de Brest et ses environs !
Webcam
Co-voiturage





Découvrez notre nouvelle sélection de cadeaux !
Cap Caval a impressionné, personne ne saurait lui contester sa victoire. Cela fait quelques années que l'ensemble, en parfaite progression, faisait valoir ses prétentions. A l'époque bridées par Auray, puis par Brieg. Il y a un an le bagad de Plomeur avait manqué son premier titre d'un rien. Les oreilles les plus fines de Bretagne notaient que le son du groupe était, de loin, le plus fin de tous. « C'est vrai que nous travaillons beaucoup cela », avancent Kenan et Tangi Sicard, les cousins d'une illustre famille de sonneurs. Que l'on qualifie d'héritiers du bagad Bleimor, comme l'est aussi l'infatigable et talentueux talabarder Dominique Boucher, dont le fils, encore un Tangi, dirige les caisses claires. Il y a donc bien de la filiation dans l'air, un esprit rejoint par une équipe tonique qui a su se donner le temps de grandir.
De l'audace !
Chaque printemps, les tulipes, au Cap, disent l'avenir. A Cap Caval, c'est un dalhia, don d'un ami horticulteur, qui ajoute encore de la couleur à une musique d'inspiration traditionnelle sans aucune concession, mais interprétée d'une manière très contemporaine (quelle qualité des basses !). La ligne mélodique est toujours intacte, mais les effets orchestraux se la jouent un peu pop-rock parfois, juste par touches, ce qui est particulièrement plaisant. On se balade entre deux modes, celui de la tradition et celui d'aujourd'hui.
Cap Caval a impressionné, et si le bagad n'a gagné que par cinq petits points d'avance sur Auray, personne ne saurait lui contester sa victoire. C'est celle de la musique et de beaux musiciens. Qui ont des choix particulièrement pertinents. Il fallait de l'audace pour puiser dans les variations des « Ololé » du pays Pourlet, issus de Kernascléden, car il s'agit d'un répertoire d'enfance souvent oublié, un peu suranné dans les mémoire, mais revisité avec intelligence. Puis foncer sur le pays fisel en s'appuyant sur les solides cultures de Manu Kerjean et Yann-Fanch Kemener. A ce jeu, nos Bigoudens brillent, s'amusent, mettent le feu dans les têtes avec une formation impressionnante. Que dire de 21 cornemuses réglées à la perfection par Hervé le Floch ! Si, derrière ce bagage, on sent qu'il y aussi une grande expérience de pipe-band (quatre membres du groupe vivent en Écosse !), ce bagad sonne breton, terriblement breton. Et d'une manière si fine, si à l'aise, que l'on s'étonne qu'ils ne soit champion que maintenant. Attention pour la suite !
Textes : Gildas JAFFRÉ.
Photos : Marc Ollivier