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Le passeport gourmands - édition Bretagne
Ils ont bénéficié de l'effet de surprise. Les « faucheurs volontaires » d'OGM ont bloqué l'accès principal du port de commerce toute la journée d'hier. Dès 8 h, une centaine de militants venus de tout le Grand Ouest ont investi les lieux, empêchant les camions d'entrer et de sortir de l'enceinte portuaire.
L'objectif de cette action est sans ambiguïté. « Nous dénonçons les importations de soja OGM pesticide par les coopératives, les industries agro-alimentaires et les éleveurs, indiquent Etienne Raphaël et Hervé Coadou, les porte-parole des « faucheurs volontaires ». Il n'y a aucune traçabilité sur les produits animaux contaminés : lait, fromage, oeufs, viandes, poissons... »
Les amis de José Bové ont une raison bien précise de prendre le port de commerce pour cible. « Brest est l'un des plus gros ports français pour l'importation de soja OGM Round-up ready destiné à l'alimentation animale. Aucune traçabilité n'est assurée puisque les mêmes silos servent à stocker le soja OGM et non-OGM. »
La tension monte
Les manifestants réclament un rendez-vous avec les ministres de la Santé, de l'Écologie et de l'Agriculture. C'est la principale condition posée à la levée du blocage des accès du port.
En fin de matinée, une soixantaine de camions semi-remorques se trouvent bloqués à l'extérieur du port, une quinzaine d'autres étant retenus à l'intérieur. Chez les chauffeurs routiers, la pression commence à monter. « Je suis payé au kilomètre, explique l'un d'eux. Quand je ne roule pas, je ne gagne rien. »
Vers 14 h, les chauffeurs des poids-lourds qui se trouvent bloqués à l'intérieur de l'enceinte portuaire tentent de forcer le passage. La tension monte d'un cran.
Le responsable des forces de l'ordre, le commissaire Lucas, joue les médiateurs. Il obtient que les manifestants laissent passer la quinzaine de camions bloqués à l'intérieur du site portuaire. Après leur passage, les grilles se referment.
Les chauffeurs routiers ont compris qu'il n'y aura pas d'intervention des forces de l'ordre dans l'immédiat. Un à un, ils font demi-tour. Vers 16 h, il ne reste plus qu'une poignée de semi-remorques en attente.
Les « faucheurs volontaires », eux, maintiennent le siège. Leur demande de rendez-vous ne semble pas avoir beaucoup d'écho à Paris.
Du côté de la CCI de Brest, gestionnaire du port, on ne reste pas inactif. Elle sollicite une décision de justice pour obtenir l'évacuation des accès portuaires et le retour à la libre circulation. Dans l'après-midi, une ordonnance de référé lui donne satisfaction.
Il n'y aura pas d'affrontements avec les forces de l'ordre. « Désobéissants mais non-violents », les « faucheurs volontaires » lèvent le camp vers 18h. Ils ont maintenant rendez-vous le 13 mai à Paris pour la manifestation nationale des anti-OGM. « On n'est pas du tout contents de la nouvelle loi sur les OGM. On va continuer à se battre. Nous reviendrons à Brest. »
Olivier MÉLENNEC.
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