Après un début de match prometteur avec une frappe en pivot de Poyet dans la surface (2'), une autre d'Ayité de peu à côté (4') et un but refusé à Sitruk pour un hors-jeu pas si évident (6') en guise d'aperçu, les Brestois allaient peu à peu relâcher la pression. Et comme souvent, face à ce genre d'équipes solides et bien organisées, ils perdaient le fil de leur football. Négligeant ainsi la construction du jeu et usant de longs ballons perdus à l'avance. Ce qui, évidemment, ne donnait pas grand-chose et surtout pas la moindre possibilité de s'enthousiasmer. Et les quelques (rares) essais de Poyet et d'Ayité se soldaient le plus souvent par des courses dans le vide.
De l'autre côté du terrain, Elana était tout aussi peu sollicité. Si ce n'est une tentative de Fiorèse qu'il réussissait sans trop de mal à écarter en corner et un cafouillage sur la remise en jeu, le Guyanais passait finalement une première mi-temps beaucoup plus tranquille qu'à Reims une semaine plus tôt. Si cela pouvait d'une certaine façon constituer un motif de satisfaction pour Pascal Janin et son équipe, c'était toutefois insuffisant pour combler les 6000 personnes venues assister à la rencontre et qui avaient bien de bonnes raisons de trouver le temps long. Et ce n'était pas tant la dernière tentative de contre-attaque du tandem Bouard-Sitruk qui allait les sortir de l'ennui mais plutôt le coup de sifflet de Monsieur Ruffray.
Après la pause, la rentrée de Le Gall, censée dynamiser l'attaque brestoise, n'y changeait pas grand-chose. Les ballons arrivant toujours au compte-gouttes et le plus souvent dans le dos. La faute évidemment à un milieu de terrain bien pris par Traoré et Tourenne et des ailiers (Sitruk à gauche et Ferradj à droite) qui avaient bien du mal à se frayer un passage. Les minutes avaient beau défiler, les Brestois semblaient incapables de percer le coffre picard qui prenait désormais des allures de Fort-Knox. Et il fallait donc s'en remettre à des tirs lointains, ce que Ferradj tentait de faire (53'), pour inquiéter autant que possible Benvegnu. Les actions construites n'aboutissant que trop rarement en occasions dangereuses. A part peut-être, cette combinaison de Poyet, parfaitement lancé par Le Gall, qui aurait mérité un meilleur sort.
A vingt minutes de la fin, les Brestois se décidaient enfin à accentuer la pression autour du but amiénois. Et sur à un corner tiré par Ferradj, qui avait le mérite de semer un vrai cafouillage dans la surface de Benvegnu, Poyet était le plus prompt à s'emparer du ballon et à le glisser sous la barre (1-0). Une ouverture du score assez heureuse pour le coup mais finalement assez logique compte tenu de la domination finistérienne. En tout cas, celle-ci débridait complètement la partie, offrant de part et d'autre de bonnes situations. Et il fallait à présent un grand Elana pour faire obstacle à Sami, de la tête (76'), et Traoré, de deux tirs puissants dans la surface (82', 90'), pour préserver ce court avantage. Amiens avait beau redoubler d'efforts, il était trop tard. La victoire avait choisi son camp et, surtout, les Brestois n'étaient décidés à laisser filer une sixième place (provisoire, bien sûr).
François LE DIFFON.
BREST - AMIENS : 1-0 (0-0).
Arbitre : M. Ruffray ; 5628 spectateurs.
BUT. Poyet (72').
BREST : Elana - Bourgis, Kantari, Jeannel, Stinat - Ferradj, Bigné, Bouard (Guégan, 85'), Sitruk (Billy, 83') - Ayité, Poyet (Le Gall, 46'). Non entrés en jeu : Lachuer, Casartelli.
AMIENS : Benvegnu - Lahaye, Sami, Vairelles (Kadir, 80'), Boche - Tourenne (cap), Traoré - Buron (De Parseval, 55'), Fiorèse, Contout - Heitzmann (Begeorgi, 70'). Non entrés en jeu : Hamed, Delecroix.