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Autour du blues
Elus et professionnels ont réfléchi à un secteur d'activité qui apporte chaque année un milliard d'euros au Finistère. « Dans le Finistère, on parle beaucoup de l'agroalimentaire, mais on a tendance un peu à oublier le tourisme. Or, c'est une vraie économie créatrice d'emplois », rappelle, en guise de préambule, Nathalie Conan, conseillère générale (Fouesnant) et présidente du comité départemental du tourisme. Dans la salle du Chapeau-Rouge à Quimper, personne ne va dire le contraire. Les quelque trois cents professionnels du tourisme, réunis à l'initiative du conseil général, en sont bien sûr convaincus.
Le tourisme assure 5 % de l'emploi du Finistère. Il apporte aussi chaque année un milliard de chiffre d'affaires. Et pourtant, tout cela reste fragile. Après tout, la pointe de la Bretagne n'a jamais retrouvé la fréquentation touristique d'avant la catastrophe de l'Erika. Voilà pourquoi ce rendez-vous participatif du conseil général, le 4e du genre, s'est penché sur le tourisme à la mode finistérienne en invitant tous ses acteurs à réfléchir à leur avenir.
Des atouts. Ils sont évidents. C'est le littoral et l'intérieur des terres, et un patrimoine historique, culturel et architectural riche de toute sa diversité. Et bien sûr une offre de festivals et de spectacles l'été venu qui peut donner le tournis.
Des points faibles. Ce restaurateur du Pays bigouden va finir par s'arracher les cheveux. Lorsqu'il veut se faire un peu connaître dans les environs, il doit frapper à la porte des offices de tourisme de Plomeur, de Penmarc'h ou du Guilvinec. Et cela ne marche pas à tous les coups. Il y a manifestement un éparpillement des bonnes volontés pour renseigner et séduire les touristes. Aussi, Pierre Maille, le président du conseil général, défend un rôle majeur pour les communautés de communes, les communautés d'agglomération et la communauté urbaine de Brest : « Il faut simplifier l'organisation du tourisme. » « Le comité départemental du tourisme a beaucoup trop d'interlocuteurs. C'est beaucoup de temps et d'énergie dépensés. C'est bien compliqué », ajoute Nathalie Conan.
Les pièges à éviter. Le touriste n'est pas une vache à lait. Nul besoin d'un long discours. Jean-Marie Béchu, le président de l'office de tourisme de Concarneau, l'a rappelé à tout le monde : « Il est primordial de bien accueillir les gens. Quand on dépense un euro ou dix euros, on en veut pour un euro ou dix euros. » Surtout que la concurrence ne s'établit pas seulement avec d'autres régions françaises lorsque, pour quelques centaines d'euros, on file pour des séjours au soleil à l'étranger. Mise en garde d'Eric Vighetti, le directeur de l'office de tourisme de Quimper : « La mondialisation existe aussi pour le tourisme. L'offre est désormais mondiale. » Attention, un touriste sur trois qui vient dans le Finistère trouve trop élevés les prix pratiqués.
Des choses à améliorer. L'économie du tourisme, ce sont des emplois, et même beaucoup, 21 000 dans le Finistère au plus fort de la saison. Et les emplois, ce sont des salariés qui doivent aussi trouver à bien se loger après des journées épuisantes, sans dépenser une trop grande partie de leur salaire. Surtout qu'un tiers des salariés du secteur ont moins de 26 ans. D'où ce conseil d'un professionnel de la restauration qui invite ses confrères à tout faire « pour garder ses salariés ».
Dans la région de Fouesnant, on songe ainsi à transformer une ancienne maison de retraite en lieu de résidence pour les saisonniers. Pour les professionnels du tourisme, la saison est toujours trop courte. Beaucoup réfléchissent à l'allonger par le biais du tourisme d'affaires. Certains appellent même cela les « ailes de saison ».
Didier GOURIN.