Le périmètre Seveso réduit à l'horizon 2010
D'importants travaux vont réduire les risques dus aux sites de stockage de gaz et d'hydrocarbures du port de commerce. Une bonne nouvelle pour les habitants du quartier de Saint-Marc.
Bonne nouvelle pour les habitants du quartier de Saint-Marc. À partir de 2010, le périmètre Seveso va se réduire de manière très importante. Cela allègera les lourdes contraintes d'urbanisme qui pèsent sur le quartier depuis 2004.
Ce périmètre Seveso s'explique par la présence d'installations à risques classées Seveso sur le port de commerce, à savoir les stockages de gaz d'Imporgal et d'hydrocarbures de Stockbrest. Actuellement, il s'étend dans un rayon de 880 mètres autour du site d'Imporgal.
Hier, la réunion du Comité local d'information et de concertation (Clic) a permis au sous-préfet de Brest, Philippe Paolantoni, d'annoncer des avancées importantes dans ce dossier fort complexe.
L'objectif est de réduire le périmètre Seveso à « moins de 500 mètres » d'ici 2010 autour des installations classées du port de commerce. « Nous limiterons les contraintes d'urbanisme au pied de la falaise au prix de travaux très importants que les industriels financeront eux-mêmes », indique le sous-préfet.
Plan de réduction des risques
Au mois de septembre, le préfet prendra un arrêté prescrivant l'élaboration d'un Plan de réduction des risques technologiques (PPRT). Dans un délai de 18 mois, il faudra évaluer et hiérarchiser le niveau de risque lié à l'activité des installations classées Seveso.
Il est prévu que le préfet approuve ce document réglementaire en mars 2010. Il aboutira à définir des zones d'urbanisme, chacune caractérisée par des règles d'urbanisme qui lui sont propres.
Parallèlement, les exploitants devront effectuer des travaux de mise en conformité. Le chantier est déjà engagé. En août 2005, un arrêté préfectoral imposait à Imporgal des travaux de réduction du risque à la source.
Cette demande impérative a amené l'industriel à démanteler fin 2007 un réservoir et à limiter le remplissage d'un autre. L'exploitant a également installé un nouveau système de détection des fuites de gaz et de flammes. D'où une première réduction des périmètres de danger prise en compte dans le Plan local d'urbanisme en mars 2008.
Le site doit considérablement évoluer. L'industriel va réaliser la mise sous talus de deux nouvelles sphères d'une capacité de 3 000 mètres cubes chacune. La plus grosse des quatre sphères actuelles sera démantelée. Les trois autres verront leur remplissage limité à 350 mètres cubes.
10 millions d'euros
Coût total des travaux : 10 millions d'euros. On comprend que Primagaz, dont Imporgal est une filiale, ait longuement discuté avec les services de l'État avant de se résoudre à les entreprendre.
Du côté de Stockbrest, les travaux prévus sont moins spectaculaires mais ils permettront, eux aussi, de réduire de manière importante le risque. Ils consisteront à installer des évents d'explosion, autrement dit des soupapes, sur les réservoirs. Le dépôt stocke de l'essence, du gazole et, bientôt, du carburant aviation.
En bonne logique, l'achèvement des travaux coïncidera avec la fin de la procédure d'élaboration du Plan de prévention des risques technologiques. Celui-ci viendra s'annexer au Plan local d'urbanisme. Pour bien des habitants de Saint-Marc, ce sera le retour à une vie plus normale.
Olivier MÉLENNEC.
Ouest-France