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« La complexité du Belem est dans son gréement. Il suffit de regarder les drisses, les écoutes et le nombre de poulies », explique son commandant. « Comme de nombreux marins, j'ai une longue histoire avec le Belem, raconte Joël Guena, le nouveau commandant du voilier mythique. J'y suis monté lors d'escales, j'ai levé le nez vers le gréement, et là, la fascination a opéré. »
Quand on lui a proposé ce poste, c'était comme « un rêve. » Une forme d'aboutissement, aussi, après une longue carrière dans la marine. Pendant 37 années, Joël Guena navigue pour la marine marchande, dont « presque 20 ans en tant que commandant. » Une carrière qui lui rappelle sans cesse sa passion pour les voiliers. « J'avais un regard permanent sur les bateaux à voile. » Ses temps libres, il les passe à restaurer une gabare de Lampaul-Plouarzel, la Fleur de mai. À bord du Belem, le poste reste le même, mais le navire n'a pas grand-chose à voir. « La complexité du Belem est dans son gréement. Il suffit de regarder les drisses, les écoutes et le nombre de poulies. »
Esprit d'équipe
Pourtant, l'esprit à bord reste le même. Un esprit d'équipe, où chacun joue un rôle clef. Un travail collectif qui plaît à ce capitaine d'équipe. « J'aime la vie en équipage, je ne suis pas un navigateur solitaire. » Et le Belem a cette particularité d'être ouvert aux stagiaires. Jusqu'à 48 personnes peuvent y passer quelques jours, et participer à la vie à bord, aux côtés des seize membres de l'équipage. Un seul regret, peut-être : que cet équipage soit si masculin, encore très peu ouvert aux femmes. Mais le commandant reconnaît que sur un tel voilier, la manoeuvre est très physique. « L'équipage est amené à monter dans les matures. Les femmes savent le faire mais cela demande une très bonne condition physique. »
Le 1er octobre, Joël Guena prend le commandement du navire. « Le Belem représentait un rêve inouï. Quand j'ai débuté ma carrière, jamais je n'aurais imaginé le commander. » La campagne a seulement démarré le 22 mars de Saint-Nazaire, après une phase importante de travaux et de mises à niveau sur la coque et le gréement du voilier.
Quand on lui demande combien de temps il pense passer à ce poste, pas de réponse. « Je crains d'être difficile à déloger ! » Mais la campagne ne fait que commencer, et le commandant n'a pas encore plongé dans le grand bain de la traversée de l'Atlantique avec ce voilier majestueux.
Après cette escale à Brest, Joël Guena a une exigence : que son père, qui vient de l'Aber Ildut, puisse monter à bord, et naviguer quelques moments avec lui. Car la voile est une histoire de famille. Son grand-père, déjà, était un navigateur au long court.
Naëlle LE MOAL.