Vendée Globe 2008 - C'est reparti pour un tour !
Alister
Roland Magdane
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À Brest, Laëtitia Becker habite dans un appartement spécialement aménagé pour les personnes en fauteuil roulant. « J'espère que cet article donnera envie à d'autres personnes handicapées d'être autonomes, comme moi. » Laëtitia Becker, 30 ans, est infirme moteur cérébral « de naissance ». L'accouchement s'était mal passé. Elle a manqué d'oxygène et ses vertèbres moteur ont été détruites. Conséquences : ses jambes ne fonctionnent pas et Laëtitia ne déplace qu'en fauteuil roulant (manuel ou électrique). Ses mains sont touchées. La jeune femme ne peut pas écrire avec un crayon, mais sait se servir d'un clavier. Elle souffre aussi d'une importante myopie. Mais elle a toute sa tête, et est très sociable. Elle ne manque ni d'humour, ni de sens critique.
Depuis cinq mois, à Brest, elle habite dans le quartier du Valy-Hir, dans un lumineux T1, au rez-de-chaussée d'un immeuble HLM. Son appartement a été aménagé pour accueillir des personnes en fauteuil roulant. La porte entre la cuisine et le salon a été cassée, au profit d'un grand espace de passage. Les interrupteurs sont au niveau de la jeune fille et de son fauteuil. La salle de bain-WC est spacieuse et adaptée.
Tout n'est pas parfait. L'évier de la cuisine est resté « standard », trop haut et trop profond. Cela n'empêche pas Laëtitia de faire sa vaisselle, mais ça lui complique la vie. De plus, certaines prises sont trop basses, à hauteur des plinthes. Pas facile pour brancher le fer à repasser. La jeune femme a signalé les problèmes. Elle attend. « Vous connaissez l'Opac. Il ne faut pas être pressé ! »
Laëtitia a appris à être autonome dans un foyer de Pont-l'Abbé. « Au bout de six mois, on m'a dit : Tu peux y aller ! » Puis, durant trois ans, elle a habité dans un appartement également aménagé, rue de la Résistance. « Au début, c'était dur. La solitude surtout. Et puis, j'ai trouvé mon rythme, mon organisation. » Elle a souhaité déménager parce que les trottoirs n'étaient pas adaptés.
La jeune femme bénéficie de l'aide de deux auxiliaires de vie pour le ménage, les papiers administratifs, et les courses. Elle se rend deux fois par semaine au foyer de Kerlivet où elle apprend à cuisiner, par exemple. Elle reçoit sa mère, « qui m'a élevée comme mes deux frères », et ses copines. Elle a aussi un petit ami, handicapé, avec qui elle espère habiter un jour. Elle aimerait travailler dans un centre d'aide par le travail. Elle apprécie sa liberté. « L'autonomie, ça fait grandir. »
Laurence GUILMO.