Etienne Daho
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Une bonne partie des éboueurs de Brest métropole océane est en grève. Dans certaines rues du centre, les poubelles s'entassent. La grève se durcit au sein du personnel du service de la collecte des déchets de Brest métropole océane. Il y a une semaine, les agents FO votaient à une forte majorité la grève totale. Hier, le piquet de grève était tenu devant l'usine d'incinération du Spernot tandis que les poubelles ne désemplissaient pas, les tournées aléatoires n'y suffisant pas.
Au centre des revendications ? Une prime de huit heures supplémentaires « fictives » octroyée à certains personnels. Mise en place en 1980, elle devait compenser le différentiel de salaire quand la communauté urbaine avait repris en régie directe la collecte, confiée jusque-là à l'entreprise Marc, en intégrant le personnel.
Mais le dispositif de la prime a été remis en cause par la cour régionale des comptes en 2000. La collectivité y a donc mis fin pour les nouveaux recrutés.
« Cette prime était attribuée à tout le monde, agents de salubrité et agents techniques, rappelle Bruno Choisne, secrétaire général FO à BMO. Quand on a permis un déroulement de carrière aux agents de salubrité, il a été décidé de ne plus leur verser ces 8 heures supplémentaires à partir de 2002. »
« Une prime légale pour tout le monde ! »
Ce non-versement a fini par concerner, plus tard, les agents techniques nouvellement rentrés « alors qu'aucune décision n'avait été prise les concernant », poursuit Bruno Choisne. Aujourd'hui sur les 130 agents de la collecte, 94 bénéficient de ces heures supplémentaires fictives. Les 36 autres recrutés depuis 2002 ne les perçoivent pas.
« Nous avions déjà fait grève avant les élections municipales, raconte Bruno Choisne. On nous avait promis des négociations après. Nous avions reporté notre mouvement au 2 mai. Ce qui laissait tout le mois d'avril. » Les grévistes ne démordent pas : « On veut une prime légale de 8 heures, pour tout le monde ! »
Un ton ferme à BMO
Du côté de BMO, on explique que « le traitement spécifique d'attribution des 8 heures à l'ensemble des agents du service collecte sera examiné dans le cadre de la discussion globale sur le régime indemnitaire engagée le 8 avril dernier ».
Le 30 avril, le ton du courrier adressé aux grévistes se durcissait. À la communauté urbaine, on prévenait : « Le rattrapage le samedi des tournées non effectuées les jours fériés contient une obligation de travail pour les agents de ce service. Les absences non justifiées constituées les prochains samedis seront, de fait, des abandons de postes. »
À BMO, on s'interroge : « C'est un mouvement très surprenant, souligne Bernadette Abiven, vice-présidente déléguée aux ressources humaines. D'autant plus que nous sommes dans une phase de négociations sur le régime indemnitaire global. » Et puis, reprend Bertrand Uguen, directeur général des services de BMO : « Les revendications portent sur « à travail égal, salaire égal ». Or, aujourd'hui, pour compenser, les nouveaux ont un déroulement de carrière qu'il n'y avait pas avant. »
« Pas de rattrapage des heures perdues »
Et Bernadette Abiven de reprendre : « Les modalités de cette grève sont illégales. » Des huissiers ont fait les constats d'usage hier matin. « Il y a eu quelques débordements. Des pneus de camions ont été crevés. » Et puis, « difficile de savoir si, hier, il y avait une consigne claire de bloquer les camions qui sortaient du Spernot ». S'il le faut, BMO envisage de porter l'affaire en justice.
Ce qui est sûr pour BMO c'est « qu'un agent en grève ne sera pas rémunéré et qu'il n'y aura pas de rattrapage des heures perdues ». En attendant, la collectivité « en appelle au civisme de tous ». Quelques bennes fonctionneront de façon aléatoire et, « au pire, il sera fait appel à des moyens extérieurs ».
Sophie MARÉCHAL.
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