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Samedi prochain, la Jeanne d'Arc quitte Brest pour sa 43e campagne. Le navire-école de la Marine nationale part pour un périple de 45 000 kilomètres qui doit durer six mois. Pour un bateau âgé de 47 ans, c'est une véritable performance, obtenue au prix d'un effort financier évalué à 30 millions d'euros par an. Plusieurs fois différé, le désarmement de la Jeanne d'Arc est prévu officiellement en 2010. Mais l'on ne sait toujours pas quelle solution de remplacement sera adoptée pour la formation à la mer des officiers élèves issus de l'École navale.
La Marine souhaiterait acquérir un navire du type Bâtiment de projection et de commandement (BPC) analogue aux Mistral et Tonnerre qui viennent d'être mis en service. Ce gros navire de débarquement de 21 500 tonnes conviendrait parfaitement à la mission de formation des officiers élèves.
En jouant sur l'effet de série, le coût d'acquisition d'un troisième BPC pourrait être réduit à 150 ou 200 millions d'euros. Autre avantage, des coûts d'entretien et de personnel réduits. 160 marins suffisent à manoeuvrer un BPC quand il en faut 480 sur l'actuelle Jeanne d'Arc.
Écueil budgétaire
Reste que l'écueil budgétaire ne sera pas simple à contourner. Sous-marins Barracuda, frégates multimissions, 2e porte-avions... La Marine s'est engagée dans un ambitieux programme de renouvellement de sa flotte. Difficile, en ce moment, de revendiquer un navire de plus. Pour s'offrir le navire-école dont elle rêve, la Marine risque de devoir renoncer à une unité neuve, par exemple une frégate multimissions. Un choix douloureux.
D'autres solutions ont été envisagées comme la formation d'un groupe Jeanne d'Arc. Une ou deux frégates accompagnées d'un navire de soutien embarqueraient les 120 officiers élèves. Cette formule a déjà été expérimentée en 1997-1998 en raison de l'indisponibilité de la Jeanne. Elle a le sérieux inconvénient de mobiliser des navires déjà très sollicités et d'être coûteuse en personnel.
Autre hypothèse mise à l'étude, la location d'un ferry civil. Celle-ci semble quand même très improbable. Récemment, le chef d'état-major de la Marine, l'amiral Alain Oudot de Dainville, a évoqué la possibilité de désarmer la Jeanne d'Arc seulement en 2011. Ce qui laisse à penser que la solution du BPC garde la préférence des marins.
Olivier MÉLENNEC.