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Le passeport gourmands - édition Bretagne
Trois médecins vont animer le prochain Lundi de la santé consacré à l'ostéopathie : le professeur Alain Saraux, rhumatologue au CHU, et les docteurs Vincent Schollhammer et Arnaud Philipp, généralistes ostéopathes. L'ostéopathie est officiellement reconnue par l'État depuis 2002 et les décrets d'applications de la loi sont sortis en mars 2007. Du mieux pour le nombre croissant de personnes qui y a recours. Pourtant le sujet demeure sensible. Pour l'Académie nationale de médecine, les méthodes s'appuient « sur des a priori conceptuels dénués de tout fondement scientifique ».
« Scientifiquement, ce n'est pas vrai »
Le 11 février, le prochain Lundi de la santé, sera uniquement animé par des médecins : le professeur Alain Saraux, rhumatologue, et les docteurs Vincent Schollhammer et Arnaud Philipp, généralistes ostéopathes. Ces praticiens reconnaissent que s'il existe peu de preuves concernant l'ostéopathie, c'est aussi parce qu'il n'existe que très peu d'études sur la matière. Pour eux : « Ça ne veut pas dire que ça ne marche pas, que des personnes ne sont pas soulagées de leur douleur. Mais, scientifiquement, ce n'est pas validé, et donc, ce n'est pas «vrai». À notre avis, il y a parfois un effet placebo et psychologique qui joue. »
François Thimjo, vice-président de la Chambre nationale des ostéopathes, a regretté l'absence d'ostéopathes « purs » lors de cette conférence. Il a fait part de son « incompréhension » (lire O-F. du 30 janvier), connaissant les réticences du corps médical. « Par principe, les Lundis de la santé sont des conférences animées par des médecins, répond Alain Saraux, pour qui l'homéopathie ou l'acupuncture relèvent aussi des médecines parallèles. Notre objectif consiste à donner le point de vue médical, et donc scientifique, sur l'ostéopathie. » Les médecins expliqueront notamment pourquoi une structure crânienne, ça ne se « déplace » pas ; ou encore, pourquoi les os ne « craquent » pas, ni les articulations.
Non remboursée
L'ostéopathie est un système de soins basé sur la manipulation manuelle des os, des muscles ou des articulations. Une médecine « douce » décrite comme apte à résoudre les douleurs de dos, mais aussi les migraines et dépressions, les troubles digestifs, l'asthme ou les otites, etc. Sur les adultes comme sur les enfants. Cette prestation est reconnue - elle n'est pas « dangereuse » - mais est non remboursée, « preuve de son inefficacité ».
Il existe trois façons de devenir ostéopathes. Premièrement : en étant médecin, sachant que l'ostéopathie n'est pas enseignée en fac de médecine. Le médecin doit suivre des cours supplémentaires, validés par un diplôme universitaire. Deuxièmement : les kinésithérapeutes, infirmiers ou sages-femmes peuvent aussi acquérir cette compétence. Enfin, les ostéopathes « purs » suivent des cours dans une école spécifique, mais non médicale.
« Avant toute manipulation, il faut consulter un médecin pour avoir un diagnostic, insistent les deux médecins généralistes. Il serait très dangereux de se faire manipuler en cas de métastase et de cancer ». La loi interdit à un ostéopathe les touchers vaginaux ou rectaux. Un avis médical est nécessaire pour manipuler le crâne d'enfant de moins de six mois ou le rachis cervical. Attention aussi aux tarifs.
Laurence GUILMO.
Lundi 11, de 18 h 30 à 20 h, conférence-débat organisée par la ville » Amphi 500 et 600 à la fac de droit, 12 rue Kergoat. Traduction en langue des signes. Entrée libre. Renseignements : 02 98 80 86 60
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