Etienne Daho
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Hier après-midi, après quelques ronds dans l'eau de la rade, les concurrents sont rentrés au Moulin Blanc, faute de vent. En août, sur sa planche, c'est lui qui défendra les couleurs tricolores aux Jeux olympiques. Non pas à Pékin, mais à plus de 2 heures d'avion de la capitale chinoise et du village olympique. À Quingdao précisément, « petite » ville côtière de 7 millions d'habitants où se trouve le centre olympique de voile.
Un lieu que Julien Bontemps connaît, pour y avoir concouru à l'occasion de la semaine pré-olympique de 2007. La compétition s'est déroulée dans les conditions des Jeux, avec un représentant par nation. Une épreuve de bon augure pour Julien Bontemps, qui a terminé second.
Second du classement provisoire des championnats d'Europe qui se déroulent à Brest jusqu'à samedi, c'est confiant qu'il appréhende le plus grand rendez-vous sportif de la planète. Car si les JO sont en ligne de mire, il n'était pas question de rater le rendez-vous brestois. Ces championnats d'Europe sont un véritable test pour ce planchiste de 28 ans. « Ici à Brest, on a la chance d'avoir des conditions très proches de celles qu'on devrait avoir en Chine, explique-t-il. Je suis allé trois fois dans le pays depuis 2005 pour des préparations, et à chaque fois on avait un vent très faible. C'est juste ce qu'il faut pour pouvoir courir, pas plus. »
Des conditions de course auxquelles les Chinois sont habitués, et qui les placent ainsi parmi les concurrents les plus dangereux. « Les Chinois sont spécialistes du vent faible, et ils ont cet avantage de bien connaître le plan d'eau. » Autre point commun entre Brest et la Chine : le courant, puissant à Brest pendant cette semaine de fort coefficient. « En Chine c'est pareil, c'est un point important à prendre en compte. »
Double champion du monde
Après Athènes, ce Vosgien d'origine qui s'entraîne aujourd'hui à la Baule en est à sa deuxième qualification aux Jeux. Mais la pression reste toujours aussi forte. « La Fédération, les clubs, les médias, la famille... tout le monde nous attend au virage, et compte sur nous pour ramener une médaille. » Il faut dire qu'il a un solide palmarès. En 2004, Julien Bontemps est champion du monde sur l'ancien support olympique, les planches Mistral. En 2005, il remet ça, sur RS : X. Son expérience olympique est plus malheureuse. À Athènes, il rentre bredouille, en neuvième position.
Après cette déception, il se lance en parallèle dans un autre type de préparation : le professorat de sport, « pour s'assurer un avenir. » Car les seuls professionnels dans le monde de la planche sont les champions de funboard, « qui courent pour des équipementiers. » Dans sa catégorie, « il n'y a pas de sportifs professionnels. On s'en sort grâce à nos sponsors et aux aides de la fédération. » La tête bien sur les épaules, son horizon ne se limite pas à Pékin. « On n'est pas planchiste toute sa vie. Il faut penser à l'après et s'assurer un avenir professionnel dans un autre domaine. »
Pour lui, ça restera dans le monde du sport : pour sa deuxième vie, il envisage une carrière de cadre technique à la fédération de voile. Il devait ainsi passer sa titularisation en juin. Mais l'examen a été repoussé, Jeux Olympiques obligent.
Clara LEAL-ESTEVE et
Naëlle LE MOAL.
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