Etienne Daho
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Jacques Sliwka, conducteur du blindé Mars, avait pour camarades Gillet, Lambert, Loeillot et Paillard, l'artificier. « Il y avait une ambiance formidable entre gens de la 2e DB ». Lorsque la Guerre éclate, ce jeune français d'origine polonaise a douze ans. « Mon grand-père élevait des chevaux en Ukraine polonaise » se souvient Jacques.
L'Occupation il la vit au quotidien, jusqu'à la brisure. « Maurice Deck, un copain, sympathisant communiste, avec qui je distribuais des tracts, est pris dans une rafle avec les membres de son groupe. Il sera fusillé le 7 mars 44 au Mont Valérien » se rappelle Jacques avec émotion.
Alors, à 17 ans il rallie le Maroc et s'engage dans la mythique 2e Division blindée. Au printemps le 11e groupement du 64e Régiment d'artillerie blindée, auquel Jacques appartient, fait route vers l'Angleterre.
Dachau à 17 ans
Finalement, le 3 août vers 1 h 30, les hommes de Leclerc, rattachés à l'armée de Patton, débarquent en Normandie à Utah. « Comme mes copains j'ai pleuré et j'ai pris une poignée de sable. Ça me prenait aux tripes. Nous allions libérer la France et l'Europe ! » se souvient le vétéran.
Sur ce chemin il frôle la mort et découvre l'horreur. Après la libération de Paris, le 23 novembre 44, lors de la marche sur Strasbourg « à la hauteur d'Hobengorft un antichar tire sur la colonne et rate de peu notre blindé », enfin, le 5 mai 45, avec le colonel de Guillebon, poursuit Jacques « nous voilà à Berchtesgaden dans le fameux Nid d'aigle. Nous étions des privilégiés et c'était notre récompense. Les paras de 101e n'étaient pas loin »
Un tel parcours ne se résume pas en quelques lignes, mais ce qu'il a vu l'envahit encore et « me poursuivra jusqu'à ma mort » étouffe-t-il.
Jacques va découvrir l'horreur de Dachau, de Mauthausen. « A environ 40 km de Dachau une odeur bizarre nous a surpris pour s'amplifier au fur et à mesure de notre progression. Ce que j'ai vu en arrivant aux portes du camp m'a à jamais bouleversé » et de conclure qu'à « son retour à Paris j'étais mûr avant l'âge comme un homme de 40 ans. Mon nom étranger je l'ai bien payé. Je ne dois rien à personne. »
Le 8 mai, à 11 h, Jacques recevra la médaille de l'ordre national du Mérite devant le monument aux morts de Saint-Yvi, qui s'ajoutera à celles de la Légion d'honneur et du Congrès américain.
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