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Cinema

I'm not there

I'm not there

de Todd Haynes (E.U 2007 - 2h15 ) avec Christian Bale, Richard Gere, Cate Blanchett

Voyage dans l'univers et la personnalité de Bob Dylan. Avec Cate Blanchett épatante

Un voyage à travers les âges de la vie de Bob Dylan. Six acteurs incarnent Dylan tel un kaléïdoscope de personnages changeants : poète, prophète, hors-la-loi, imposteur, comédien, martyr et born again.

Prix d'interprétation féminine au festival de Venise. Bravo. Mais pour sa composition de Bob Dylan. Chapeau.

Sublime Cate Blanchett. Elle est bien la plus impressionnante des... six comédiens (et comédienne, donc) qui campent un petit bout de l'immense Bob Dylan. Bob qui? Son nom n'est jamais cité, et il n'apparaît en vrai que dans les toutes dernières images de cet essai cinématographique qui est tout sauf une biographie sage et ordonnée.

Todd Haynes, bien plus en réussite ici que dans Velvet Goldmine, une vision acide du rock des années 70, tourné il y a dix ans (entretemps il a aussi signé le brûlant Loin du paradis) effectue une sorte de « voyage en Dylanie ». A travers « sa musique et ses nombreuses vies ». Il fallait donc tout ce générique d'interprètes pour camper ce qu'il a sans doute été, et ce qu'il aurait sûrement pu être. Lui-même, et les héros qui l'ont marqué, inspiré, hanté ou fasciné. Billy The Kid autant qu'Arthur Rimbaud par exemple.

Ces partis pris radicaux ont tout pour être déconcertants. Voire rebutants pour qui voudra y trouver le fil conducteur rassurant d'une écriture logique et linéaire. Mais il faut bien au contraire prendre le parti de se laisser désarçonner dans un voyage de l'imaginaire qui nous perd, nous balade et nous transporte, dans tous les sens du terme. Le propos est riche, dense, intelligent. Il provoque et il stimule. Il ne ressemble à rien de ce que l'on voit sur les grands écrans. Etrange moment de cinéma.

L'avis de la rédaction
L'avis
des internautes
avis 2/4

Sondage express

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L'avis des internautes

Claudie, Le Mans : "Je n'ai rien compris"
Je dois manquer de culture dylanesque ! Je me suis pas ennuyée mais tout juste, je n'ai pas compris pourquoi l'enfant est noir, n'ai pas compris pourquoi une partie de la - des- chanson(s)- étaient traduite(s)... (18/12/2007)

Yannick H., Louvigny : "Tout sauf une arnaque du folk !"
Trop difficile de faire un film sur Dylan. Donc obligé de choisir une époque de sa longue carrière (+ de 45 ans). C'est en 1966 qu'on le voit le plus. Mais il y a tant de grandes périodes Dylan. La "born again" est intéressante aussi, mais il y a également la country et ce que j'appelle sa période "Live". Il fêtera le 9 juin 2008 une tournée de 20 ans ! Dans le film (un peu compliqué comme lui) il y a de la bonne musique (comme ce Blind Willie Mc Tell enregistré avec Mark Knopfler). Le réalisateur a super bien travaillé son sujet et a super bien fait travailler ses acteurs. Cate aura certainement l'oscar en mars ou n'en sera pas loin. J'ai trouvé les séquences "Richard Gere" un peu longues mais si proches de ses textes (desolation row). Et puis ce masque qu'il appliquait pendant les concerts de La Rolling Thunder Revue de 1975. Le film fera certainement peu d'entrées en France. Pays où l'on a toujours pensé que Dylan était un chanteur de reggae ou bien qu'il était mort depuis bien longtemps. Dylan et la France, souvent des histoires de mal entendus. Quant à moi fan depuis bien longtemps, cela m'a fait un bien fou de voir des promos du film à la TV française. Enfin on parlait un peu de lui.
Tomorrow is a long time. (08/12/2007)

Jean-Luc, Orgères : "Et si Dylan était une femme ?"
J'ai beaucoup apprécié ce film très riche, très original dans sa forme, mais il comporte tellement de clés, il est tellement allusif par moment, que je me demande comment peuvent le voir ceux qui connaissent peu la vie de Dylan et/ou l'histoire de l'Amérique dans les années auxquelles il est fait référence. Cate Blanchett y est excellente, et également troublante. L'ambigüité et la complexité de Dylan sont très bien rendues, au point que l'on peut s'y perdre. Je reste un peu sur ma faim, mais après tout aucune biographie ne remplacera l'écoute de la musique et des mots de Dylan, et c'est encore ce qu'il y a de plus émouvant dans ce film. (08/12/2007)

Jacqueline,  : "Un peu long"
De belles images mais un film un peu long. J'aurais aimé plus de Bob Dylan. (06/12/2007)

lr, Brest : "la plus grande arnaque du folk"
Du point de vue de la narration, l'hétéronomie choisie par le réalisateur en divisant Bob Dylan en plusieurs personnages, non pas complémentaires, mais bien distincts, intriguent beaucoup. Pourquoi ce choix ? Il me semble que la réponse est clairement donnée dans l'une des scènes finales, lorsque Bob Dylan, sous l'un de ses multiples avatars, répond à l'harceleur médiatique ici intrigant promoteur d'une autoroute autant que d'une secte, avec un masque sur la tête. Dylan était un mythificateur, il créait son personnage, son histoire, sa vie. Ce film a cette qualité de nous faire découvrir une histoire sociale des Etats-Unis bien souvent méconnue mais que la forme complexe du film rend difficile à comprendre pour le néophyte. Du hobo (vagabond américain) aux beat nicks, des syndicats, en passant par les hippies et les black panthers, tout y passe. Seulement le masque est toujours là ce qui fait que même les références au réel se perdent dans une sorte de rêve qui fait qu'on ne sait plus si tout ça a vraiment existé. Du coup, le message politique se noie. Bob Dylan n'est plus qu'une image, qu'un produit de marketing, qu'un icône mort-vivant. Pourtant il y a bien un Bob Dylan "vrai", avec une vie normale, et qui traverse des événements "normaux" de la vie, comme avoir des enfants, divorcer, revendiquer le droit de garde. Un autre plus pesant mais en même temps plus classique, c'est le Bob Dylan star qui gobe des pilules pour survivre dans le show buziness. Mais il est trop commun ce dernier, les malheurs d'une star persécutée par les médias, c'est du "déjà vu". Le Bob Dylan "Born again" ? C'est peut-être le plus véritable, il est donc passé de l'illusion marchandisée par la société de consommation pour finir finalement dans "Jésus sauve !", après les pilules, l'opium du peuple. Pour finir donc, ce film relate le passage des trente glorieuses à l'ère de la décadence. Bob Dylan, la plus grande arnaque du Folk ? (05/12/2007)

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