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Autour du blues
Yolande, votre équipe réussit une saison extraordinaire au vu de ses moyens financiers. Comment expliquez-vous un tel parcours ?
Il y a déjà le fait que l'on n'ait pas eu beaucoup de changements. Du coup, on n'a pas pris de retard par rapport à certaines équipes, qui ont été entièrement remodelées ou presque. C'est aussi le travail qui a payé. On est une équipe de bosseuses, et il y a vraiment un super ambiance. On n'a pas de « star », on compte chacune sur les autres. C'est comme une chaîne, on forme chacune un maillon.
Une chaîne qui pourrait bien vous mener vers la nouvelle ligue féminine...
Pour nous, l'objectif reste de prendre chaque match comme il vient. Se donner à fond et surtout se faire plaisir, c'est ça l'important. Maintenant, on ne peut pas ignorer qu'une page importante se tourne en ce moment, pour le club mais aussi pour le hand féminin en Bretagne. Mais on ne s'arrête pas de vivre pour autant. Le matin on se lève et on va au boulot, le soir on s'entraîne comme avant. On savoure chaque jour, d'autant que le championnat va bientôt s'arrêter. Il nous reste une semaine et demi avant la fin de la saison avec, peut-être, comme cadeau de fin une accession en D1.
Un cadeau que vous pourriez décrocher dès dimanche, à l'occasion de la venue d'Octeville à Kerjézéquel ?
Si l'un des deux autres prétendants à l'accession, Toulon (qui va à Bourg-de-Péage) ou Yutz (qui accueille Aunis La Rochelle) perd samedi, et que l'on gagne, on peut effectivement monter dès dimanche. Mais sincèrement, on ne compte pas du tout là-dessus. On devra sans doute remporter nos deux dernières rencontres (après Octeville, l'Arvor se rendra le 24 mai à Celles-sur-Belle, 6e) pour espérer décrocher l'une des deux premières places.
On sait déjà qu'en cas de montée, il faudra présenter un budget minimum de 700 000 € pour pouvoir prendre part à cette nouvelle élite féminine. Un seuil loin des 250 000 € actuel de l'Arvor. Cela vous inquiète-t-il déjà un peu ?
Chacun son travail. Nous, on est là pour jouer. On a un bureau qui se donne à fond pour résoudre les problèmes financiers. Si l'on montait sportivement et, qu'après, le club ne pouvait pas suivre, ça serait évidemment une déception énorme. On sait qu'on est en Bretagne, et que ça n'est pas forcément le meilleur endroit pour jouer en D1 au handball. Il y a déjà des sports comme le foot, le basket et la voile qui comptent beaucoup. Mais quand on veut faire des efforts, on peut. On compte sur les gens qui nous soutiennent, et il y en a... C'est la première année où, quand on se balade dans la rue, il y a des personnes qui nous reconnaissent et qui nous encouragent. C'est très touchant. On sent que les gens ont envie que l'on réussisse, et ça serait dommage d'échouer si près du but.
Dans l'immédiat, comment abordez-vous ce rendez-vous (a priori) à votre portée, face à une équipe d'Octeville pointant à l'avant-dernière place avec seulement 3 victoires et 3 nuls pour 14 défaites ?
On ne regarde pas vraiment le classement avant un match. On doit tout le temps se donner à fond. On a vu à Poitiers que, quand on n'est pas dedans, on peut se faire peur et se faire battre par n'importe quelle équipe (face à la lanterne rouge, l'Arvor l'avait finalement emporté 23-19). Le problème, ça ne sera pas les autres, mais nous. On devra rester concentré jusqu'au bout, et il n'y a pas de raison que ça ne passe pas.
Quel souvenir avez-vous gardé du match aller, que vous aviez remporté 35-30 à la mi-janvier en Normandie ?
Ça avait été difficile, elles ont de grosses tireuses de loin. Elles ont en fait un jeu complètement opposé au nôtre. Mais, je le répète, quels que soient le profil et le classement de cette équipe, il est hors de question de gâcher la fête de ce dernier rendez-vous de la saison à domicile.
Brestois et Vannetais n'ont pu se départager, mais ont multiplié les essais...
Ouest-France