Football : Un Brest d'inox terrasse un Gueugnon un peu rouillé
Yoann Bigné, à la lutte avec Luidgi Glombard, s'est montré un peu plus transparent que d'habitude. Photo : Jérôme Fouquet.
Ligue 2. Gueugnon - Brest : 0-1. Les Brestois n'ont pas eu beaucoup à s'employer pour venir à bout d'une équipe forgeronne visiblement résignée.
« Je m'attendais à une entame plus difficile. Je pensais qu'ils allaient nous rentrer dedans, nous prendre à la gorge. J'ai trouvé le début de rencontre plutôt gentil de leur part, ça m'a surpris. » Pascal Janin, le coach brestois n'a pas été le seul dans ce cas, dans un stade Jean Laville où la nouvelle tribune en construction, face à la tribune d'honneur qui sonnait désespérément creux (2812 spectateurs), avait pris des allures fantomatiques, vendredi soir.
Dans la capitale de l'inox, le moral des joueurs d'Alex Dupont n'a jamais paru trempé dans l'acier qui a fait et fait encore la réputation de cette petite ville dont la population a chuté à 7900 habitants, au terme des multiples plans sociaux de ses aciéries. « Mon équipe n'a pas ce supplément d'âme qui fait qu'elle puisse se transcender, s'arracher. Elle manque de caractère tout simplement. » Le mot est lâché et, sur ce terrain, les Brestois ont démontré des valeurs de combativité et de d'engagement décisives, à défaut d'un football superbement construit et technique. À croire que c'était eux qui jouaient leur survie en Ligue 2, vendredi soir. « Mais c'est le cas, insistait Steeve Elana, On jouera notre peau tant qu'il n'y aura pas les points qu'il faut. »
Lucidité du portier breton auteur encore d'une parade décisive à la 80', sur un tir de Cissokho, qui a permis à son équipe de conserver la victoire, faute d'avoir pu faire le break avant. En fait après la bonne entame de match mal récompensée et ce but de Masson marqué au bon moment, juste avant la pause, sur une action d'école, Brest tenait, semble-t-il, son break. Dès la reprise, Socrier grillait la défense centrale locale, hyper fébrile, pour venir fusiller Tangara, le portier forgeron. But refusé pour un hors-jeu peu évident. L'attaquant brestois aura plus tard (75') une seconde occasion, lorsqu'il enrhume encore son défenseur, avant de tenter un lob de 35 mètres sur le gardien sorti un peu à la « pêche ». Son tir rase le poteau droit. « Dommage qu'en 2e mi-temps, lorsque Gueugnon s'est livré, on n'ait pas su marquer ce second but, regrettait l'entraîneur brestois. Il y avait la place. »
Mais finalement, jamais les Bretons n'ont eu à trembler réellement dans ce match où ils ont su gérer, sans génie, mais avec altruisme. « On a peut-être eu tendance à vouloir se projeter trop vite vers l'avant, alors que le jeu était ouvert sur les côtés. » C'est vrai qu'on n'insistera pas sur la manière. Seul le résultat comptait sur ce match, lorsqu'on voit que Niort et Dijon ont gagné, tandis que Libourne est rentré de la Beaujoire avec un nul, face à Nantes. « On conserve notre position dominante par rapport aux équipes de bas de tableau. On a notre destin entre nos pieds. » Pour Pascal Janin, cette bonne série sur trois matches (un nul et deux victoires) rattrape le trou d'air des cinq rencontres précédentes où l'équipe n'avait pris que deux petits points. « Il s'agira aussi de bien négocier la venue de Dijon, vendredi soir. » Une nouvelle victoire rapprocherait encore davantage l'équipe du premier tiers du classement et surtout de la barre fatidique des 42 points. « Le maintien sera peut-être plus tranquille que les saisons d'avant », avançait même Pascal Janin, pourtant peu enclin à tomber dans l'euphorie habituellement. Mais il est vrai qu'il faudrait une grave rechute des Brestois pour les voir retomber maintenant en eaux troubles, d'autant que leur défense paraît avoir retrouvé une certaine sérénité, en restant invaincue maintenant depuis trois rencontres.
Yannick LE TUTOUR.
Ouest-France