Football : Poyet : « Brest est une bouffée d'oxygène »
Romain Poyet, ici à la lutte avec le Nantais Kévin Das Neves, ne pourra pas être aligné vendredi face à Dijon, son ancien club. : Béatrice Le Grand
L2. Brest - Dijon, vendredi (20 h). Romain Poyet, qui ne pourra pas jouer contre son ancien club en raison d'une clause négociée lors de son prêt, garde un souvenir mitigé de son passage en Bourgogne.
Romain Poyet, pourquoi ne pouvez-vous pas être aligné face à Dijon vendredi ?
Pour pouvoir être prêté à Brest, le président de Dijon avait exigé qu'une clause m'empêche de jouer ce match. C'était la seule condition. Comme ils sont mal classés, ils ne voulaient peut-être pas qu'un de leur joueur encore sous contrat leur marque un but... Mais comme je voulais vraiment partir de ce club, j'ai accepté.
Quels souvenirs gardez-vous de votre saison et demie passé en Bourgogne ?
Je m'étais très bien acclimaté à la ville. Mais mon métier, c'est footballeur, et ça s'est très mal passé. La saison dernière, je suis resté la moitié du temps blessé. J'ai aussi connu trois coaches en un an et demi (Rudi Garcia, puis Serge Romano, qui a été remplacé fin décembre par Faruk Hadzibegic). Je garde quand même de bons souvenirs, de bons potes, mais au point de vue sportif, il n'y a rien de très positif.
Comment expliquez-vous que Dijon lutte pour le maintien cette année après deux saisons plutôt réussies (1) ?
Beaucoup de joueurs cadres sont partis (notamment François Masson), il y a eu trois entraîneurs... Ça fait beaucoup ! Le fait que Rudi Garcia parte entraîner Le Mans à l'intersaison compte aussi, car c'était quelqu'un de charismatique à Dijon, qui avait fait énormément de choses pour le club. Mais il faut peut-être passer par des saisons un peu difficiles pour pouvoir rebondir. Car Dijon est un club ambitieux : il y a un projet sur trois ans pour monter en Ligue 1, et un nouveau stade est en construction.
Vous êtes à Brest depuis deux mois. Comment vous y sentez-vous ?
C'est une bonne bouffée d'oxygène. Je vivais mal ma situation à Dijon. Je ne jouais pas beaucoup, et j'avais des relations tendues avec le président. Mon arrivée à Brest est une bonne chose. Il y a une bonne mentalité ici, et de très bons joueurs.
Vous n'étiez pas inquiet par la mauvaise passe que traversait le club à moment là ?
Non, car au match aller à Dijon (2-2), j'avais été vraiment impressionné par le fonds de jeu brestois. Après, il y a toujours des périodes difficiles dans une saison. Et puis la mauvaise série qu'a connue Brest est aussi due à la qualité des adversaires rencontrés.
Comment expliquez-vous que le Stade brestois marque si peu de buts ?
C'est bizarre. Quand je vois la qualité des quatre ou cinq joueurs à vocation offensive, j'ai du mal à l'expliquer. Mais ça arrive aussi à d'autres équipes. J'ai notamment connu ça avec Clermont il y a trois ans : on avait la meilleure attaque à la mi-saison, et ensuite, on n'a pas marqué un but pendant trois mois ! Il y a des choses dans le foot difficile à comprendre...
Votre prêt à Brest se termine en juin. Vous espérez rester ?
Il me reste un an de contrat à Dijon. Je ferai le point en fin de saison avec Dijon et Brest pour savoir ce qu'on peut faire. S'il y a une opportunité pour que je reste à Brest, j'étudierai ça avec plaisir.
Recueilli par
Thomas GUILLAUME.
(1) Dijon a terminé 8e de Ligue 2 en 2007, et 5e en 2006.
Ouest-France