Football : Brest est passé complètement au travers
Comme la plupart de ses coéquipiers, Romain Poyet, au coude à coude avec Sartre, est passé à côté de son match. : L'Union de Reims
Ligue 2. Sedan - Brest : 2-0. Le Stade brestois a raté tout ce qu'il a tenté vendredi soir. Une faillite collective totale, qui met fin à la série de huit matches sans défaite.
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C'est bien connu, toutes les séries ont une fin. Celle entamée par Brest le 15 février à Libourne restera donc bloquée à huit matches sans défaite, sans qu'il n'y ait grand-chose à redire. Vendredi soir, les Finistériens sont tout simplement passés au travers, en ratant à peu près tout ce qu'ils ont entrepris. « Je suis très amer, explique Pascal Janin. Perdre à Sedan n'a rien d'infamant, c'est dommage de finir sur un contenu aussi triste. La défaite fait partie du métier quand on se donne à fond. Là, j'ai le sentiment qu'on a joué à 50 % de nos possibilités. » On se demande même ce que le coach breton va pouvoir retenir de cette piteuse sortie. Aucun secteur de jeu n'a en effet été épargné dans les Ardennes : avec une défense aux abois, un milieu de terrain cadenassé, et une attaque inoffensive, le Stade brestois a frôlé le néant. « Le contenu dans son ensemble ne m'a pas plus, appuie Pascal Janin. Mais j'ai surtout été interpellé par la fébrilité de certains de mes défenseurs. »
Si Fernando Casartelli, Ahmed Kantari et Denis Stinat ont été coupables d'erreurs individuelles plutôt inhabituelles, la faillite collective du secteur défensif n'est finalement pas étonnante. Le tandem Casartelli-Kantari manquait logiquement de repères pour sa première, tandis que Vincent Richetin (qui s'en est plutôt bien sorti) découvrait la Ligue 2 comme titulaire, et que Denis Stinat disputait seulement son deuxième match après sa longue convalescence.
« Les joueurs ne doivent pas croire que la saison n'a plus d'intérêt »
Ce qui est plus inquiétant en revanche, c'est le manque de « gnac » affiché par les Brestois vendredi soir. À Ajaccio il y a quinze jours (1-1), il avait fallu attendre une bonne heure pour les voir se révolter. Contre Guingamp (1-1), c'est sans doute la ferveur de Le Blé et la rivalité régionale qui les avaient poussés dans leurs retranchements. Cette fois-ci, les hommes de Janin n'ont jamais paru en mesure de renverser la vapeur, face à une équipe de Sedan qui n'était pourtant pas dans un grand jour. « Notre adversaire n'a pas été extraordinaire en première mi-temps, c'est plutôt nous qui leur donnons des ballons et qui les mettons en confiance, souligne l'entraîneur finistérien. Si on avait davantage poussé nos actions, on aurait pu leur poser plus de soucis. Ensuite, ils ont su faire preuve de sérénité et ils ont bien fermé le match afin de ne pas prendre de but. »
Le maintien étant assuré, les Brestois ont peut-être fait preuve de suffisance vendredi soir. Mais rater un match peut aussi arriver à n'importe qui. On préférera donc retenir la deuxième hypothèse, d'autant que les huit dernières sorties avaient laissé un souvenir agréable. Pascal Janin n'a de toute façon pas vraiment d'explication quant à ce naufrage : « Je ne sais pas ce qui s'est passé, je ne pense pas que ça soit le fait de demander aux joueurs de se réveiller un peu plus tôt afin de prendre l'avion. J'espère seulement que ce n'est pas une démobilisation de certains. Les joueurs ne doivent pas croire que la saison n'a plus d'intérêt, et qu'on va finir en roue libre. En tout cas, ce n'est pas le discours que je leur ai tenu, et ce n'est pas ce que je souhaite voir... » Le coach breton espère donc une grosse réaction dès mardi, pour la réception de Montpellier. C'est aussi ce qu'attendent sans doute les quinze supporters brestois qui avaient courageusement avalé les 800 kilomètres séparant la pointe du Finistère de Sedan...
Thomas GUILLAUME.
Ouest-France