Vendée Globe 2008 - Départ le 9 novembre !
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Mondial du Lion
À 28 ans, Élodie Riou s'engage pour la première fois dans la Solitaire du Figaro à laquelle participent cinquante navigateurs. : Yvan Zedda.C'est la première fois que vous participez à la Solitaire du Figaro. Que représente cette course pour vous ?
C'est une course dont j'ai toujours rêvé. D'y être, c'est quelque chose. Il y a forcément un peu d'appréhension. Cette course a un niveau très relevé. C'est la plus difficile ! Pour le Vendée Globe, on a le temps de dormir. Mais là, les bateaux sont identiques et si on s'endort pendant 10 minutes et qu'il se passe quelque chose, on peut très vite être distancé. Il ne faut pas trop manger pour ne pas avoir envie de dormir. Reste que lorsqu'à l'arrivée, on n'est plus lucide... C'est ça le plus dur de cette course, c'est le sommeil !
Sur les 50 skippers au départ, quatre seulement sont des femmes. C'est encore un sport d'homme ?
C'est une question casse-pieds. Pour moi, les filles sont des concurrents comme les autres. Il y en a peu parce que la course au large n'est pas très accessible... Mais les filles qui sont là sont des battantes !
Ce qui est évident, c'est qu'effectivement du point de vue physique, c'est plus dur pour les filles que pour les garçons. On n'est pas à égalité. Mais on n'a pas le droit de faire des adaptations sur le bateau pour y remédier.
Vous avez mis de côté en janvier votre vie professionnelle de chargée de clientèle. Peut-être aussi votre vie privée. N'est-ce pas trop difficile ?
Pour moi, ce n'est pas nouveau. Depuis petite, je le fais : au lycée, c'était sports études ; après j'ai fait une préparation olympique. Aujourd'hui, je continue. C'est un bon équilibre, voile-boulot. J'ai été détachée pour six mois, après je reviens, j'aime mon travail.
Côté vie privée, c'est sûr, il faut gérer son temps ! Quand on est en préparation physique, on ne peut pas voir ses amis tout le temps... Mais je vis mon rêve. Si je vais jusqu'au bout, je ne serai pas frustrée...
La Solitaire est une grande course. En avez-vous fait avant ? Ou peut-être envisagez-vous d'en faire d'autres ?
Les deux dernières années, j'en ai fait beaucoup. Des courses de trois-quatre jours mais avec la Solitaire, c'est différent, c'est un enchaînement d'étapes. J'ai également fait Les Açores-les Sables, aller-retour, soit 2 fois 10 jours en solitaire... Mais je n'aime pas la solitude. On pouvait passer plusieurs jours sans voir, ni entendre personne. C'est pour cela que le Vendée Globe ne me tente pas trop... Même si, via le satellite, on peut parler et raconter son petit chagrin... Faut pas se leurrer, dans les courses, c'est pas facile tout le temps...
Propos recueillis par
Cécile RENOUARD.
(À chaque étape de la course, Élodie Riou livrera aux lecteurs d'« Ouest-France » ses ressentis)