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9 h, hier. Plus de 200 salariés des usines Doux de Locminé et Pleucadeuc débarquent devant le siège de l'industriel de la volaille, à Châteaulin (Finistère). Beaucoup portent les couleurs jaune et verte du Brésil. Michel Le Guellaud, délégué central CGT, explique cette touche sud-américaine : « Le groupe poursuit la destruction de la branche volaille fraîche, en France, tout en confortant ses usines brésiliennes. » Sans surprise, la direction annonce la fermeture de l'unité d'abattage et de découpe de Locminé (451 salariés), de celle d'abattage de canards à Pleucadeuc (62 emplois) et de l'usine du Châtelet, dans le Cher (134 emplois).
Déluge d'oeufs et de farine
Plombé par un lourd endettement, le géant de la volaille réduit la toile dans l'Hexagone. « Avec ce plan social, c'est le quart des effectifs de la branche frais qui va disparaître, remarque Nadine Hourmant, déléguée Force ouvrière de Châteaulin. Doux donne la priorité à l'exportation de volailles congelées. » Effectivement, le congelé « tourne à fond », au rythme de 350 000 poulets abattus par jour. Les 550 salariés châteaulinois n'ont pas le temps de faire la grève pour leurs camarades morbihannais. Pendant la pause casse-croûte, un déluge d'oeufs et de farine s'abat sur le siège.
La réunion « marathon » du comité central d'entreprise se poursuit jusqu'à la fin de l'après-midi. « Le groupe ne réduit pas sa production mais optimise sa capacité d'abattage en répartissant sa production sur un nombre plus restreint de sites », justifie la direction. Elle donnera « la priorité au reclassement interne », avec des aides à la mobilité. Elle promet également « des moyens conséquents, visant à favoriser le reclassement externe, des formations et des mesures pour les plus de 50 ans. » Aucune date n'est encore fixée sur la fermeture des sites, mais le couperet devrait tomber avant le 31 décembre.
Jean-Paul LOUÉDOC.