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De plus en plus de couples de retraités s'installent sur l'Île de Groix. : Archives Jean-Michel NiesterLe repos qu'on s'offre dans un paradis entouré d'eau, loin des turbulences urbaines ; les bords tirés à des encablures du continent et même les « pistes » nocturnes, joyeusement achevées, chez Ty Beudeff par exemple, constituent une palette de belles images à insérer dans un album de vacances. Mais elles enjolivent la réalité des îles. Car, l'été fini, le quotidien reprend le dessus, révélant un cortège de handicaps insulaires.
Qu'est ce qui préoccupait jusqu'à présent les élus des îles (1) ? D'abord, scolariser le plus tard possible les enfants sur place : le collège du Ponant le permet, malgré des problèmes de démographie scolaire, ici ou là.
Moyenne d'âge : la soixantaine...
Ensuite : fournir des emplois aux administrés en âge d'exercer un métier : la fuite des bras vers le continent a été partiellement enrayée, surtout dans les îles les plus peuplées. Enfin, permettre aux jeunes ménages de se loger décemment, sans se ruiner : ça reste un casse-tête épineux, car les résidents secondaires ont faussé les prix du bâti et du foncier.
À ces préoccupations s'en ajoute désormais une : faire face au vieillissement de la population. À Groix, par exemple, la moyenne d'âge des 2 300 résidents permanents tourne autour de 60 ans. « Et le phénomène va s'amplifier, car de plus en plus de couples retraités s'y installent à la fin de leur vie active », constate Marie-Christine Baron, responsable de Ty Gef (Groix emploi formation), association dont la définition du sigle situe bien les préoccupations.
Le vieillissement des Groisillons n'ira donc pas sans poser des problèmes. « Il va falloir des compétences en matière de soutien aux familles pour éviter des transferts prématurés sur le continent. Pourquoi ne pas créer des emplois spécialisés et les offrir, après formation, à des femmes de l'île en quête d'une activité professionnelle ?, nous sommes-nous dit », raconte Marie-Christine Baron.
Sept femmes diplômées
Nous, c'est-à-dire son association, le maire Éric Régénermel (un médecin), l'ANPE de Lorient, la direction du travail du Morbihan et l'association des îles du Ponant. La maison de retraite de Groix venant de se transformer en Épad (établissement pour personnes âgées dépendantes) et un projet de logements pour personnes lourdement handicapés se profilant en 2009, tous ont vu rapidement l'opportunité d'engager un programme de formation d'assistantes de vie aux familles.
« En novembre, sept femmes s'y sont inscrites, prises en charge par l'Afpa (association pour la formation des adultes), explique Marie-Christine Baron. En avril, toutes sont sorties diplômées. » Elles travailleront à la maison de retraite ou chez des particuliers, « et pas pour y faire le ménage ». Les autres îles n'ont plus qu'à suivre l'exemple de Groix.
Alain GUELLEC.
(1) Les îles de Bréhat, Batz, Ouessant, Molène, Sein, Les Glénan, Groix, Belle-Île-en-mer (quatre communes), Houat, Hoëdic, Arz et l'île aux Moines constituent les maillons de l'association des îles du Ponant.