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Autour du blues
Jean-Luc Polard n'est pas ministre, mais son emploi du temps est certainement aussi chargé que celui d'un membre du gouvernement ! Quatrième adjoint au maire de Brest chargé des finances, vice-président de Brest métropole océane également chargé des finances, cet employé de banque de 57 ans a aussi été élu, il y a deux mois, conseiller général du canton de Bellevue. Son quartier depuis des années.
À l'assemblée départementale, aux côtés de ses 53 collègues, il est membre de la commission « Territoires et environnement ». Il traite donc des questions d'eau, d'énergie, de routes, d'habitat, de haut débit et de déchets. Un dossier très important qu'il connaît par coeur, pratiquement sur le bout des doigts. Ses mandats précédents dans la cité du Ponant l'ont amené, en effet, à s'en occuper de près.
« Les lenteurs, c'est épuisant »
Le Finistère ne manque pas de solutions pour les traiter. Il y a, évidemment, le tri sélectif, le compostage et la valorisation énergétique à l'usine du Spernot, permettant de chauffer 21 400 logements. Et peut-être, dans le futur, une unité de méthanisation à Plouédern et deux sites d'enfouissement dans le nord et le sud du département.
Quant au projet de plateforme de maturation des mâchefers (résidus de l'incinération), à Kerbrat en Plabennec, « il avance, malgré les critiques ». Il ne manque plus que l'arrêté préfectoral. « Il ne devrait pas tarder. » Les travaux d'aménagement devraient donc pouvoir démarrer cette année. Ils dureront six mois.
« Le traitement des déchets n'est pas un dossier compliqué. Ce qui est complexe, c'est de faire travailler les gens ensemble. Certains sont pour un système, mais refusent de l'installer chez eux. Brest ne peut quand même pas tout accueillir. Tout le monde doit prendre sa part du gâteau. Les lenteurs, c'est toujours épuisant. Cela pompe l'énergie. »
Poste et RD 205
Bien organisé, Jean-Luc Polard se rend actuellement tous les lundis à Quimper. « Mais c'est le démarrage. Quand nous aurons atteint notre vitesse de croisière, je consacrerai une journée et demie au Département et le reste à Brest. J'ai des équipes bien rodées autour de moi. C'est important. Je travaille généralement entre dix et douze heures par jour. »
Localement, ce qui préoccupe le plus le nouveau conseiller général aujourd'hui, c'est la fermeture de la Poste de Bellevue pour plusieurs semaines de travaux. Le service public n'est donc plus assuré dans le quartier. 20 000 habitants se voient dans l'obligation de faire plusieurs kilomètres pour se rendre dans un bureau voisin.
« Cette situation est inadmissible, incompréhensible. Je l'ai dit plusieurs fois au directeur départemental de la Poste. On aurait pu ouvrir un bureau provisoire dans l'ancienne bibliothèque de Bellevue ou au-dessus du centre commercial. Cela n'a pas été fait. Je le regrette vivement. »
Durant son mandat, l'élu aura également à travailler sur le dossier du réaménagement de la route départementale 205, du côté du CHU de la Cavale-Blanche. Le carrefour des Quatre vents (entre le boulevard de l'Europe et l'avenue Victor-Le-Gorgeu) sera transformé. Des giratoires seront créés juste avant le pont de la Villeneuve. Des pistes cyclables sont aussi prévues. Un grand chantier.
Et en 2014 ?
Bien que très occupé, Jean-Luc Polard pense déjà un peu à sa retraite politique. En 2014, il aura 63 ans. Un âge qu'il juge raisonnable pour s'arrêter, faire autre chose et passer la main, après 25 années de mandats. Qui voit-il pour lui succéder au Département ? Il pense très fort à Bernadette Abiven, actuelle première adjointe au maire de Brest chargée du personnel. Mais d'ici là, beaucoup d'eau de la Penfeld aura coulé sous le pont de Recouvrance.
Yves-Marie ROBIN.