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Michel Glémarec, Jean-Paul Hellequin et Christian Bucher (de g. à d.) de l'association Mor Glaz. Les membres de l'association de défense de l'environnement Mor Glaz sont très remontés contre l'attitude de la classe politique sur le dossier du démantèlement du Clemenceau. « Si le Clemenceau s'en va en Belgique, il va falloir que des gens expliquent pourquoi ça ne s'est pas fait chez nous, tonne Jean-Paul Hellequin, le président de Mor Glaz. Et j'ai envie d'avoir des réponses. »
Tout en assurant qu'il veut encore croire aux chances de Brest, le discours de Jean-Paul Hellequin semble tenir pour acquis le démantèlement du Clemenceau en Belgique par la société Gallo. « Les Belges vont démontrer que ce ne sont pas des sous-emplois, une sous-activité, mais au contraire que cette activité nouvelle est créatrice de valeur ajoutée. »
« Pas de chef d'orchestre »
Mor Glaz réfute l'argument de la rentabilité. « On voit bien que d'autres dossiers sont défendus hors de ce critère, comme les fêtes maritimes, par exemple. Les hommes politiques n'aiment défendre que ce qui va réussir. Voilà vingt ans, qui aurait défendu la réparation navale ? Aujourd'hui, elle est rentable. »
Au passage, Jean-Paul Hellequin dit qu'il « accepte le discours de la Chambre de commerce et d'industrie de Brest » qui ne veut pas laisser un outil pour le démantèlement au détriment de cette réparation navale. Mais il prévient : « La mono-activité risque de nous jouer des tours plus tard ! »
Le raté, s'il se confirme est d'autant plus regrettable que « Brest dispose d'un pôle scientifique qui était capable de faire un suivi de cette activité, constate le biologiste et ancien universitaire Michel Glémarec. Tout ce qu'on a fait pour l'instant, c'est de reconstituer le cimetière marin de Landévennec où les peintures anti-fouling des bateaux continuent de polluer la mer. »
Le dossier du Clemenceau est, pour Mor Glaz, la confirmation de son constat sur le Grenelle de l'environnement : « Dans les ateliers de réflexion, la mer n'existait pas. La France n'a pas de politique maritime ! »
A l'approche des élections municipales, l'association ne va pas laisser passer l'occasion de relancer le débat sur « l'absence de chef d'orchestre » sur ce dossier. « Tous les partis politiques, de gauche comme de droite, n'ont pas su monter au créneau. » Jean-Paul Hellequin fait une exception pour la députée Marguerite Lamour qui a été « la plus offensive ».
« On sera là pour les empêcher de tourner la page », prévient Christian Bucher, vice-président de Mor Glaz.
Yannick GUÉRIN.
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