Vendée Globe 2008 - C'est reparti pour un tour !
Roland Magdane
Forum Ouest Avenir
Webcam
Co-voiturage













« Bernard Plossu, c'est un oeil innocent et candide qui se repaît de tout ce qui l'entoure », écrit Alain Sayag à propos du photographe exposé au Centre Atlantique de la photographie de Brest depuis hier soir. « Ces photos en miniature, ça m'est venu quand je vivais dans l'Ouest américain, raconte Bernard Plossu. Tirer en grand format les photos des vastes paysages, ça me semblait redondant. Alors, je me suis mis à tirer mes photos en petit format. Et, petit à petit, ça s'est développé. » Le CAP n'expose que les miniatures, mais le photographe travaille aussi des petits, voire des tout petits formats.
Formé par le cinéma Nouvelle Vague
L'expo brestoise fonctionne toute seule, mais peut se lire aussi comme l'élément d'un triptype rétrospectif dont les deux autres parties sont présentées en ce moment même à l'Imagerie à Lannion et au Lieu de Lorient. Les trois galeries bretonnes ont décidé de travailler ensemble pour inviter un photographe, une pointure de préférence. Et c'est le cas de Bernard Plossu, lauréat du grand prix national de la photo en 1988.
Pourtant, raconte ce dernier, s'affirmer comme photographe est venu assez tard dans sa trajectoire. « Je ne suis ni un enfant de Cartier-Bresson, ni de l'agence Gamma », déclare Bernard Plossu. À la maison, il y avait au mur des photos que son père avait faites dans le Sahara en 1937 en accompagnant le montagnard Frison-Roche. Et sa mère montrait au petit garçon éloigné de la France (il est né au Vietnam) un beau livre de photos de Paris.
Mais c'est le cinéma qui a forgé son oeil de photographe. « La nouvelle vague, le chef opérateur Raoul Coutard en particulier, ça a été mon école de cinéma. » Et dans les séries exposées, celle des damiers surtout, il y a comme une nostalgie des années 1960 qui transparaît. « En fait, ce ne sont pas des séries voulues, explique Bernard Plossu. Les photos ont été faites au fil des années, et je me suis rendu compte, en les regardant, qu'elles pouvaient s'organiser ainsi. »
D'ailleurs, si elles racontent une histoire, c'est malgré elles. François Carassan, dans un texte qui accompagne l'exposition, constate à propos des photos dont la rayure est le point commun : « Mine de rien et sans prétention, en faisant de la parallèle une métaphore de l'existence, Plossu vient de rendre visible l'idée sombre d'incommunicabilité. »
« La miniature, ça a l'air ingrat. Mais les gens qui aiment la photo peuvent s'y retrouver », indique le photographe, approuvé par Yann Le Goff, président du CAP : « Ils peuvent être touchés par la poésie. C'est insidieux. » Et finalement moins aride que ça en a l'air, parce que ces photos qui montrent si peu d'humains (ou alors de dos, ou de profil) dégagent une tendresse et une humanité certaines. À l'image du photographe lui-même.
Josiane GUÉGUEN.
C'est sa première ouverture en Bretagne.
Ouest-France