Etienne Daho
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Co-voiturage






Sébastien s'occupe tous les jours des deux pensionnaires « de poids » du cirque Amar, les éléphants Rosa et Bambi. Il aura fallu moins de 24 heures au Cirque Amar pour installer son matériel et implanter son village sur le terrain du parc à chaînes, au port de commerce. Le chapiteau a été monté en moins de 5 heures par 36 employés. Quatre mâts de 16 mètres de haut soutiennent la structure. Ce « mini zénith » peut accueillir jusqu'à 2 500 personnes. L'exploit est renouvelé à chaque nouvelle étape.
« On a un système bien calculé et au point, explique Elisa Falck, directrice-adjointe du cirque. Tout est question d'organisation. Nous n'arrivons pas tous d'un coup. Il y a un écart d'une heure entre les convois. D'abord les équipes techniques, le chapiteau, le matériel puis les animaux et après les artistes. » Une centaine de véhicules (habitation, animaux, matériel) chargés de plus de 3 500 tonnes de matériels composent la grande caravane rouge Amar.
De la ménagerie à la lumière
La grande famille du spectacle itinérant est à Brest pour deux semaines. Dix-sept représentations vont être données. Mardi matin, les techniciens ajustent les derniers détails. La première représentation est programmée le soir même, à 20 h 30. Tout doit être prêt. Sous le chapiteau, ils vérifient et testent les accessoires utilisés par les artistes. Une partie de l'équipe finit de régler les lumières. Les échanges se font dans un mélange de français, espagnol, russe... « Nous avons ici toutes les nationalités et tous les corps de métiers. Nous avons, par exemple, des spécialistes chargés de l'alimentation électrique, de l'eau pour le chapiteau mais aussi pour la caravane. »
Dans les allées du village, le personnel attaché à la ménagerie s'active. Il faut changer les litières, la paille, laver, brosser et donner à manger aux animaux. Sébastien s'occupe des deux éléphants, Rosa et Bambi. Pour se faire obéir, le dresseur leur parle en allemand. « Il faut une langue dure. »
Une quinzaine de personnes est exclusivement attachée aux petits soins des yacks, lamas, chèvres, zèbres, tigres, lions, singes et chevaux. « Le personnel veille à leur bonne santé. Ils sont aussi présents sur les accouchements. Nous avons des naissances pendant les tournées. Dernièrement, nous avons eu deux bébés lamas, précise Elisa Falck. Nous sommes aussi en liaison avec le docteur Klein. Il est prêt à intervenir en cas de gros problème. »
Les artistes, quant à eux, se reposent et récupèrent. Pas de grande répétition aujourd'hui. Le show est déjà réglé comme du papier à musique.
Que le spectacle commence
Le soir, à quelques minutes du spectacle, l'ensemble de la troupe met la main à la pâte. Les trois clowns espagnols du trio Mitchel's préparent le pop-corn. Christina, la belle acrobate, accueille les spectateurs et les invite à prendre place dans les gradins.
Au-dessus de la piste, les musiciens du grand orchestre de Rio de Janeiro finissent de s'accorder, puis lancent leur premier morceau. Derrière les grands rideaux, les garçons de piste s'organisent. Sur la petite plateforme menant à la piste et sa cage aux fauves, John Falck, le dresseur, plaisante. « Ça fait du bien. Pendant le numéro, il faut rester concentré. La sécurité est avant tout une question de vigilance. » Tandis que les transformistes du duo Lamaï se concentrent dans le calme, les jeunes filles de la troupe Chonging Art, frigorifiées, tentent de se réchauffer. La jeune trapéziste volante brésilienne donne dans un coin le lait à son bébé. André Falk, le dresseur de chevaux, attend patiemment son tour avec sa cavalerie.
Dans sa caravane, dimensionnée comme une chambre d'étudiant, Alejandro commence son maquillage. Le jeune homme incarne le clown blanc dans le numéro du trio espagnol Mitchel's. « Il me faut 20 minutes et plusieurs couches blanches, noires et rouges pour devenir ce personnage. » Sur la piste, la petite Laëtitia présente son numéro aux anneaux sous le regard attentif de sa mère, Christina. La pression commence à se relâcher en coulisses. Les garçons de piste préparent les derniers accessoires. Les artistes se rassemblent et enfilent un dernier costume. Celui du final, du « merci et à bientôt ».
Jérémy PARADIS.
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