Allogreffes : une visite parisienne en demi-teinte
La réunion a duré une heure quinze. Les participants finistériens espèrent que leurs arguments ont été entendus par Roselyne Bachelot.
Hier, Roselyne Bachelot n'a rien lâché. Mais les Finistériens espèrent qu'un audit de l'activité d'allogreffes pédiatriques brestoises sera réalisé.
Le déplacement à Paris servira-t-il la cause des activités d'allogreffes et de neurochirurgie pédiatriques brestoise? « Je ne sais pas si cette réunion a fait évoluer les choses », a reconnu hier le professeur Christian Berthou, chef du service d'hématologie au CHU de Brest, dubitatif, vers 19 h 30, à l'issue du rendez-vous avec Roselyne Bachelot, au ministère de la Santé.
Quasiment tous les députés et sénateurs finistériens étaient présents, de droite et de gauche, sauf deux qui se sont excusés. François Cuillandre, président du conseil d'administration de l'hôpital, y était également. C'est dire si ce rendez-vous était considéré comme important dans le combat pour le maintien des allogreffes et neurochirurgie pédiatriques à Brest. Les Finistériens se sont exprimés. Ils savaient bien que la ministre ne prendrait pas sa décision ce mercredi soir. Mais ils attendaient quelques raisons concrètes d'espérer.
L'Agence régionale d'hospitalisation a pris la décision de transférer ces deux activités pédiatriques vers Rennes le 1eravril. À 250km de Brest. Mais voilà un an que ce projet suscite une forte opposition, notamment de la part des malades et des familles.
Qu'est-ce qui pourrait désormais convaincre la ministre? « Nous avons demandé qu'un audit de l'activité des allogreffes pédiatriques soit réalisé à Brest ainsi qu'à Rennes. C'est le seul moyen pour que la décision soit rationnelle et objective, précise le professeur Berthou, convaincu des atouts de l'hôpital brestois. Par contre, lors de la réunion, le professeur Le Gall, responsable des allogreffes pédiatriques rennaises, était présent. « Nous n'avions pas été informés de sa présence, regrette le médecin brestois, qui a estimé que son confrère rennais « n'était pas toujours impartial ».
Une heure et quart pour convaincre
Pour André Civray, président de Céline et Stéphane - Leucémie espoir: « On a parlé. On a été écoutés. On souhaite avoir été entendus. » Il estime cependant que la ministre a fait preuve d'une « ouverture d'esprit ».Et affirme: « Je ne pense pas qu'on se soit déplacé pour rien. À mon avis, la porte n'est pas fermée... Je pense que la ministre a compris que la qualité des soins était meilleure à Brest qu'à Rennes ! »
Pour Christian Ménard, député UMP: « Chacun de nous a développé ses arguments. Nous avons mis en avant la perte de chances pour les enfants en cas de transfert à Rennes ; l'éloignement avec leurs familles ; ainsi que le démantèlement de tout un service du CHU de Brest. Il est impératif de maintenir deux pôles de santé forts en Bretagne : l'un à Rennes et l'autre à Brest. »
Pour François Cuillandre, maire de Brest: « Nous avons été reçus longuement au ministère de la Santé. Plus d'une heure quinze. Nous formions une délégation finistérienne nombreuse et unanime. La ministre de la Santé nous a indiqué qu'elle nous donnera sa réponse dans quelques jours. Nous espérons avoir été entendus. »
Pour Patricia Adam, députée PS, « Roselyne Bachelot nous a assuré que ce qui est en jeu ici, ce n'est pas une question de nature financière. Il s'agit bien d'apporter la meilleure qualité des soins aux enfants. On espère donc que le professionnalisme et les compétences de l'équipe brestoise seront reconnus. »
En attendant la réponse de la ministre, les partisans du maintien restent mobilisés. L'association Céline et Stéphane et la ville de Brest organisent un grand rassemblement, samedi17, à 11 h, place de la Liberté. Plusieurs milliers de personnes sont attendues.
Laurence GUILMO
et Yves-Marie ROBIN.
Ouest-France