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Autour du blues
Depuis le 1er avril, date de la prise de décision du transfert par l'Agence régionale d'hospitalisation, la mobilisation n'a pas faibli : grève de la faim de 17 jours, deux rassemblements de 1 200 et 1 500 personnes (notre photo), et même un pèlerinage. « Bien sûr qu'il y a un espoir. Je suis très confiant », exprime Jean-Paul Hellequin. Il ne fait pas partie de la délégation qui sera reçue mercredi 14, à 18 h 15, par Roselyne Bachelot, au ministère de la Santé. Mais, le mois dernier, sa grève de la faim de dix-sept jours avec celle de Thierry Mérour, ont permis d'obtenir ce rendez-vous à Paris pour les douze parlementaires finistériens (huit députés et quatre sénateurs), et François Cuillandre, président du conseil d'administration de l'hôpital. L'action de leurs compagnes, à la préfecture du Finistère, répétée deux fois, a aussi permis que le professeur Christian Berthou, responsable des allogreffes au CHU, et André Civray, président de Céline et Stéphane, fassent aussi parti de la délégation.
« On a obtenu que le dossier soit rouvert. » Pour rappel, le 1er avril, l'Agence régionale d'hospitalisation avait décidé du transfert des greffes de moelle osseuse d'enfants et de la neurochirurgie pédiatrique vers Rennes, dans le cadre du futur Schéma interrégional d'organisation sanitaire (Sios). L'affaire semblait donc classée.
Confiants mais réalistes
La grève de faim et deux rassemblements (1 200 personnes le 12 avril et 1 500 le 3 mai) ont montré que les Finistériens restaient fortement mobilisés. Ce rendez-vous avec Roselyne Bachelot est une première victoire, mais l'objectif n'a pas varié : le maintien des deux activités à Brest.
« J'y vais dans un esprit d'ouverture. Elle ne nous ferait pas venir si elle n'avait rien à nous dire. Et si c'était négatif, elle l'aurait fait par écrit. La ministre a indiqué que la décision n'était pas prise, et qu'elle le serait sur des critères de qualité et non de finances. Mais je reste méfiant », précise le professeur Christian Berthou.
Il ne pense pas que la ministre donnera sa décision mercredi. Qu'attend-il de cette rencontre ? « Surtout, je lui demanderai de ne pas signer le Schéma interrégional en l'état ! » Il souhaite une collaboration entre les hôpitaux de Brest et de Rennes, une addition des compétences. « Un pôle breton avec deux sites. »
Pour Jean-Paul Hellequin : « on sent que les élus sont déterminés ». Marguerite Lamour, députée UMP de Brest-rural, a obtenu l'annonce du rendez-vous. Elle indique : Les allogreffes ne sont ni de droite, ni de gauche. Depuis un an, une forte volonté collective s'exprime dans ce dossier. Roselyne Bachelot ne pourra pas rester insensible. Elle ajoute. ll ne faut pas déshabiller Brest pour habiller Rennes. Les deux pôles doivent être complémentaires. Au-delà du médical, c'est une question d'aménagement du territoire. »
14 chambres stériles ultramodernes
Pour Patricia Adam, députée PS de Brest-centre : « C est la première fois que je vois une telle unité, quelle que soit la couleur politique. Les enfants et la santé nous font dépasser les clivages traditionnels. Elle souligne : ce rendez-vous, c'est l'occasion d'être enfin entendus. Roselyne Bachelot doit comprendre qu'il existe une particularité géographique : Brest se situe à 250 km de Rennes ! C'est beaucoup. »
« Je suis dans un état d'esprit positif », affirme André Civray, président de Céline et Stéphane. L'association s'est battue durant quatorze ans pour que le service de greffes voit le jour à Brest, notamment à destination des enfants. Elle a financé de nombreux équipements dans les chambres pour rompre l'isolement des malades et elle met gratuitement un appartement à disposition des familles.
André Civray rappellera la qualité du service brestois et des 14 chambres stériles. « Elles sont ultramodernes. Il n'y a aucun investissement à réaliser, au contraire de Rennes. » Un argument qui pourrait peser dans la balance, à une époque où la recherche d'économies est pressante. À moins qu'un miracle...
Laurence GUILMO.
L'association Céline et Stéphane et la ville de Brest organise un rassemblement en faveur du maintien des allogreffes et neurochirurgie pédiatriques, samedi 17, à 11 h, place de la Liberté.