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Danielle Hellequin et Sylviane Gouger ont fait le siège de la préfecture toute la journée d'hier. : Béatrice Le Grand.Elles sont restées assises toute la journée à attendre. Tantôt dans le hall d'entrée, tantôt sur les marches situées devant la porte fermée de la préfecture à Quimper. Foi de mères de famille, Danielle Hellequin et Sylviane Gouger ne bougeront pas. « Ce qu'on veut, c'est notre bout de papier. On ne partira pas sans. On a bien vu que les paroles ne pèsent pas bien lourd ! »
Avec le professeur Berthou
Les deux femmes des deux grévistes de la fin brestois poursuivent leur combat pour le maintien des services d'allogreffes et neurochirurgie pédiatriques à Brest. Hier, elles sont venues chercher l'assurance que le professeur Christian Berthou, spécialiste brestois des greffes de moelle osseuse, fera bien partie de la délégation reçue le 14 mai par la ministre de la santé Roselyne Bachelot. « Nous avons appris qu'une vingtaine d'élus avaient eu leur convocation écrite, précise Danielle Hellequin. Le professeur Berthou, lui, attend toujours. »
En début de matinée, les deux femmes ont été reçues par un membre du cabinet du préfet. « Le ministère semble revenir sur sa promesse. C'est inadmissible, ajoute Sylviane Gouger. Le professeur Berthou est quand même la personne la mieux placée pour parler de ce service. Pourquoi veut-on l'écarter ? Sans lui, ce n'est pas la peine d'aller à Paris. »
Samedi, près de 1 500 personnes se sont rassemblées à Brest, place de la Liberté. Jean-Paul Hellequin et Thierry Mérour, qui ont cessé leur grève de la faim le 17 avril, après 17 jours de jeûne, restent vigilants. « Il faut que la ministre sache que derrière la délégation, il y a des milliers de personnes, témoigne Danielle Hellequin. Si vous saviez le nombre de coups de téléphone de maires que j'ai reçus. La présence du professeur Berthou, le 14 mai, c'est le seul moyen de faire entendre notre voix. »
Une logique contestée
La décision du transfert du service brestois vers Rennes provoque l'incompréhension : « Brest est équipé avec le service et son laboratoire de recherche. À Rennes, il n'existe que quatre chambres stériles. Tout est à construire », constate Sylviane Gouger. Cette mesure, décidée par l'Agence régionale d'hospitalisation, se fait dans le cadre du futur Schéma interrégional d'organisation sanitaire.
Les deux femmes opposent à cette logique la situation de ces enfants, atteints d'une leucémie, et qui, grâce à la proximité, restent proches de leur famille durant les traitements. « Comment faire 250 km pour voir son enfant quand on gagne le Smic et que l'on doit s'occuper du reste de la famille ? », demande Danielle Hellequin. Après une longue journée, les deux femmes ont finalement quitté la préfecture vers 17 h, avec la promesse que le professeur Berthou sera bien présent à Paris. Mais toujours pas de bout de papier : « On devrait recevoir un fax à domicile. On va voir en rentrant... »
Lucile VANWEYDEVELDT.
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