3 000 Brestois défilent pour la fonction publique
Les fonctionnaires ont reçu le renfort d'ouvriers de l'arsenal et d'étudiants. Prochains rendez-vous : samedi (allogreffes) et jeudi (retraites).
Après une mobilisation jugée « bien faiblarde » le jour de la Fête du travail, tous les syndicats s'étaient donné le mot pour faire du rassemblement d'hier matin un moment « fort de lutte contre la casse du service public et de la fonction publique. »
Les divisions du 1er mai (entre Force ouvrière et les autres, et vice-versa...) avaient donc été mises de côté pour quelques heures. Et c'est dans l'unité que toutes les organisations appelaient les Brestois à se regrouper sur la place de la Liberté à partir de 10 h 30.
Noah et femme enceinte
Trois mille personnes ont répondu à cet appel, sous le soleil. Des enseignants du primaire, du secondaire et de l'université évidemment, parfois accompagnés de plusieurs de leurs élèves ; des professionnels de la santé aussi, mais sans leur blouse blanche ; des agents de la communauté urbaine aussi (notamment ceux chargés de la collecte des déchets) ; une poignée de lycéens et d'étudiants... et puis une très forte délégation d'ouvriers et de techniciens de l'arsenal venue grossir les rangs du cortège.
La « balade » revendicative a duré deux bonnes heures, entre l'hôtel de ville et la sous-préfecture, sous le soleil et sur les rythmes de l'un des derniers tubes de Yannick Noah : « [...] Il est grand temps qu'on propose un monde pour demain ! [...] »
Cette manifestation s'est déroulée dans le calme, sans aucun incident. Le cortège a dû, toutefois, se disloquer un peu aux abords de l'hôpital Morvan et de l'avenue Foch. Un couple en voiture forçait, en effet, le passage. Il y avait, c'est vrai, urgence. La jeune femme était sur le point d'accoucher.
« Tous dans la même galère »
À l'arrivée de la longue marche, tous les responsables syndicaux avaient le sourire. Ils espéraient que « cette journée nationale de lutte » allait convaincre le gouvernement Fillon « de revoir sa copie ». Pour la CFDT, « la politique actuelle est une véritable opération de déconstruction de la fonction publique : suppression de postes, précarité... Il est urgent d'avoir un véritable débat public et démocratique sur la réforme de l'État. »
Même constat de la part de la CGT. « Quels que soient les secteurs, nous sommes tous confrontés à une offensive sans précédent contre nos emplois, nos salaires et nos statuts [...] Nous demandons l'abandon des mesures de régression sociale. »
Pour ce faire, estime l'union locale Solidaires, « il est très important de construire un mouvement unitaire ». Un argument également mis en avant par Force ouvrière. « Nous sommes tous dans la même galère. Il faut donc multiplier les arrêts de travail dans les entreprises et mettre le pays en grève ! »
Prochain rendez-vous : demain samedi à 11 h, sur la place de la Liberté. Il sera question de la défense du service public de santé et des allogreffes pédiatriques, trois jours après le déplacement (sans succès, semble-t-il) d'une délégation de Finistériens au ministère de la Santé. Jeudi 22, enfin, un troisième rassemblement est prévu, « pour la défense des retraites » cette fois.
Yves-Marie ROBIN
et Sophie MARECHAL.
Ouest-France