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Co-voiturage





Autour du blues
Frédéric habite Landivisiau et travaille à Brest. Chaque semaine, il parcourt en moyenne 450 kilomètres. Les prix du carburant flambent. Particuliers et professionnels s'y résignent bon gré mal gré. « On ressent la flambée très fortement en ce moment », s'inquiète David Tordeux, gérant des Ambulances de l'Iroise situées rue Amiral-Nielly. Son entreprise dispose de trois véhicules diesel. « Et comme je ne fais que de l'urgence, je ne récupère pas la TVA. » Pour lui, le manque à gagner est énorme. « De l'ordre de 150 à 200 € par mois. »
Quand le gasoil rattrape le sans-plomb
L'ambulancier, qui pense qu'« aller à la pompe est devenu un luxe », ne voit plus grand intérêt au diesel : « Il a rattrapé le sans-plomb. Cela ne vaut même plus le coup d'avoir un véhicule de ce type. »
Même son de cloche chez Multi-courses (livraisons, etc.), basée rue Valmy. « La hausse représente à elle seule 11,5 % du chiffre d'affaires. Cela nous coûte beaucoup en ce moment », explique Jérôme Foulfoi, le gérant. L'entreprise a vingt-trois véhicules et une vingtaine de ses sous-traitants. « Le prix du carburant a quasiment doublé en quatre ans. Dans le même temps, on n'augmente pas nos tarifs », souffle le gérant. Passer au diesel ? « Nous, on ne récupère pas la TVA sur le sans-plomb. Je sais, c'est un non-sens alors que le diesel pollue davantage. »
A Brest, SOS médecins tourne avec sept véhicules. « Chaque médecins a sa propre voiture », explique le docteur Fabrice Kermel qui se dit prêt à acheter une voiture électrique. « Mais seulement quand le marché sera abordable. » La hausse ? « On fait avec ! On ne la répercute pas bien sûr étant donné que nos tarifs sont conventionnés. »
Travailler plus pour gagner... autant
Dur moment à passer aussi pour les artisans taxis. Comme chez Allo Taxi Brest de la rue Jean-Jaurès. « Le carburant augmente, pas nos tarifs qui sont fixés par arrêté préfectoral !, rappelle Josiane, taxi qui roule en diesel. À chaque plein, c'est 20 à 25 € de plus. »
Elle s'inquiète. D'autant plus qu'il ne faut pas compter sur une prochaine augmentation des tarifs. « Ils ont déjà été revus à la hausse en mars dernier. » Pour compenser cette perte ? « On fait plus d'heures », indique cet autre artisan taxi brestois. « Une moyenne de douze heures par jour pour essayer de rattraper. »
Bibus, la compagnie des transports de la Cub, avait budgété pour 2008 un prix au litre hors taxe à 0,90 €. « Or on en est aujourd'hui à 1,01 €. Il y a là un gros différentiel », reconnaît Marie Stéphan, directrice, qui estime, qu'en ce moment, « on atteint les sommets ». La compagnie consomme trois millions de litres par an pour faire fonctionner ses 150 véhicules qui parcourent chaque année 7,5 millions de kilomètres.
Ça fait mal au coeur
Mais il n'y a pas que les professionnels qui trinquent. La facture est également salée pour les particuliers. Surtout pour ceux qui ont besoin de leur voiture pour se rendre au travail... Frédéric est de ceux-là. Le jeune homme de 26 ans habite Landivisiau et travaille à Brest. À la pompe d'une station d'une grande surface, il vient d'en mettre pour 56 € dans son réservoir diesel. « Ça fait mal au coeur », dit-il.
Chaque semaine, il parcourt près de 500 km. « Cette hausse entame sérieusement mon budget du mois, raconte Frédéric. J'ai bien pensé au co-voiturage mais avec mes horaires de travail ce n'est pas toujours possible. Idem pour le train. Ça complique vraiment les choses. »
Frédéric aura bientôt quelques jours de vacances. Avec son amie, il avait projeté de « partir un peu ». Ce ne sera pas pour cette fois ! « On s'est dit qu'on n'allait pas trop bouger. On préfère mettre notre argent aille
urs que dans du gasoil ! »
Sophie MARÉCHAL.