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Le cargo Ocean Jasper a provoqué le naufrage du fileyeur finistérien le Sokalique dans la nuit du 16 au 17 août 2007. : Vincent MouchelMORLAIX. - Une nouvelle étape a été franchie dans l'enquête sur l'abordage entre le cargo Ocean Jasper et le fileyeur finistérien le Sokalique qui, dans la nuit du 16 au 17 août 2007, avait coûté la vie à Bernard Jobard, patron pêcheur de Plouescat (Finistère). L'Ambassade de France à Bakou vient de remettre aux autorités de l'Azerbaïdjan, une commission rogatoire internationale (CRI), émise par le juge morlaisien Eric Duraffour, en charge de l'instruction. « La procédure est pilotée par les autorités françaises », rappelle Laurent Fichot, procureur. « Le juge demande à être présent lors de la notification de mise en examen, de manière à mieux guider les choses. »
Seuls le capitaine et son second sont concernés par la mesure, « qui sous-entend que les autorités d'Azerbaïdjan veuillent bien collaborer ». Selon Laurent Fichot, « si les deux hommes sont a priori visés au premier chef, l'enquête servira à déterminer avec le plus de précisions possible, la responsabilité de chacun ».
En novembre 2007, la France avait obtenu que les îles Kiribati (État du Pacifique), juridiquement compétentes en tant que pays d'immatriculation de l'Ocean Jasper, lui délèguent l'organisation du procès. Moins d'un an plus tard, en septembre 2008, trois marins, supposés être impliqués dans l'abordage - le capitaine, son second et un matelot - s'étaient discrètement éclipsés du port de Brest pour rejoindre l'Azerbaïdjan, leur pays d'origine. D'où la nécessité de collaborer avec les autorités de ce pays aujourd'hui.
Lors des cérémonies du 14 Juillet, Nicolas Sarkozy est convenu d'un rendez-vous avec Yvette Jobard, la veuve du marin, en septembre ou octobre, « afin de faire un nouveau point ». Si Yvette Jobard se félicite « d'être très bien entourée par les autorités gouvernementales et judiciaires. J'ai vraiment le sentiment que l'on ne nous laissera pas tomber ».
Selon Laurent Fichot, le déplacement à Bakou est espéré, d'ici à la fin de l'année. Le magistrat instructeur attend, par ailleurs, les résultats d'une expertise confiée à l'École navale pour tenter de déterminer les causes et responsabilités du naufrage.
Françoise LE BORGNE.